Culture / Égalités

Une agence propose des visites des musées du Vatican avec une thématique gay

Temps de lecture : 2 min

«Le Jugement dernier», de Michel-Ange.
«Le Jugement dernier», de Michel-Ange.

De nombreux historiens s'accordent pour dire que les peintres Michel-Ange, Léonard de Vinci et peut être Le Caravage étaient homosexuels. Les musées du Vatican regorgent de leurs oeuvres et une agence de voyage propose désormais des visites qui évoquent ouvertement l'homosexualité de ces artistes, rapporte le Guardian.

Organisées par Quiiky, une agence de voyages italienne spécialisée dans le tourisme LGBT, les visites permettent d'explorer la façon dont la sexualité de ces peintres a influencé certains de leurs tableaux.

«Devant la fresque du Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine, nos guides montrent les deux hommes en haut à droite qui s'embrassent pour célébrer l'ascension au paradis», explique le directeur de l'agence au New York Times.

A l'époque de Michel-Ange, de nombreux critiques avaient trouvé que le Jugement Dernier, avec son abondance de corps nus, correspondait plus à une esthétique de bains publics qu'à une peinture religieuse. Certains avaient même voulu se débarasser de la fresque. Le Guardian rappelle qu'après la mort du peintre, certaines fesses et organes génitaux ont été pudiquement recouverts par l'artiste Daniele da Volterra.

Selon l'historienne de l'art Elena Lazzarini, les corps représentés dans le Jugement Dernier avaient été inspirés par les homosexuels et les prostitués que Michel-Ange avait rencontré aux bains publics.

«Les personnages qui descendent en Enfer et montent au Paradis ont été inspirés par les travailleurs manuels virils et musclés que Michel-Ange a vus lors de ses passages aux bains publics», explique Lazzarini. «C'est là qu'il a défini la carrure du travailleur comme son idéal physique.»

Il y a aussi une visite gay-friendly de Milan, où les guides évoquent la relation entre Léonard de Vinci et son disciple Salai, qui a servi de modèle pour plusieurs représentations de Saint Jean-Baptiste, notamment dans La Cène.

Au Vatican, les guides qui parlent de l'influence de la sexualité des artistes sur leur esthétique n'ont pas été agréés par les autorités officielles. Mais Alessio Virgili, le directeur de Quiiky, assure que depuis leurs premières visites en novembre, ils n'ont reçu aucune plainte.

D'ailleurs, Virgili indique que la tolérance du Pape François a permis d'attirer des touristes homosexuels: «Depuis quelques temps, il y a une forte présence de personnes LGBT dans les musées du Vatican.»

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