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En Birmanie, la consommation d'héroïne est tellement courante que les seringues sont devenues une forme de monnaie

Temps de lecture : 2 min

Un patient du centre de désintoxication à l'héroïne «Light of the World», dirigé par des baptistes kachins, juillet 2013. REUTERS/Damir Sagolj
Un patient du centre de désintoxication à l'héroïne «Light of the World», dirigé par des baptistes kachins, juillet 2013. REUTERS/Damir Sagolj

Dans le nord-est de la Birmanie, les commerçants rendent souvent la monnaie en seringues propres ou en petites bouteilles d'eau stérile qui permettent aux toxicomanes de s'injecter en héroïne, raconte le journaliste du GlobalPost Patrick Winn.

L'ampleur de la toxicomanie est sans précédent dans cette région productrice d'opium (en deuxième place après l'Afghanistan), où les doses d'héroïne se vendent à un dollar. A Myitkyina, la capitale de l'Etat de Kachin, Patrick Winn raconte qu'on voit des seringues partout dans les rues, et qu'on demande aux clients des cafés Internet de ne pas se shooter pendant qu'ils regardent leurs emails.

Selon Tyler Stiem, un journaliste de Vice qui a aussi écrit sur ce phénomène, «on estime que dans certaines communautés très exposées, le taux d'addiction est de 50% parmi les jeunes hommes».

Selon le représentant d'un réseau d'églises baptistes cité par le GlobalPost, le chiffre est plus élevé: 80% des jeunes de l'Etat de Kachin seraient accros à l'héroïne.

«Les toxicomanes de cette région isolée vont faire des cures de désintoxication en pleine jungle, dans des camps gérés par des chrétiens évangélistes, où ils sont enfermés dans des cages quand ils sont en état de manque», écrit Patrick Winn.

Les raisons pour lesquelles cette région a atteint ces taux record de toxicomanie ne sont pas complètement claires. La minorité ethnique des kachins, en tant que chrétiens dans un pays bouddhiste, ont été longtemps persécutés et, depuis 50 ans, une armée de rebelles lutte pour l'indépendance. Dans Vice, Tyler Stiem explique que de nombreux kachins pensent que l'épidémie est orchestrée par le gouvernement:

«Du point de vue kachin, les drogues ne sont qu'un nouvel outil des autorités pour anéantir leur culture.»

Il n'y a pas de preuve de l'existence de ce genre de complot, mais cela ne siginifie pas non plus que le gouvernement central n'est pas impliqué, même indirectement. Un article du New York Times pointe une série de responsabilités: dans le nord de la Birmanie, le gouvernement soutient des milices afin de limiter le pouvoir des groupes ethniques comme les Kachins, les Wa et les Shan. Or ces milices sont très impliquées dans le trafic de drogue.

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