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Les services municipaux de Munich songent à abandonner Linux

Temps de lecture : 2 min

La touche «return» (d'un clavier Mac) / reynermedia via FlickrCC License by

Après avoir surpris le monde entier il y a dix ans en abandonnant Windows pour passer sous Linux, la mairie de Munich envisage maintenant de faire marche arrière, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel, citant une dépêche de l'agence de presse DPA. En cause: les problèmes techniques récurrents dont se plaint le personnel administratif utilisant le célèbre logiciel open source.

Dans une interview au quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung, le maire adjoint Josef Schmid confiait cet été que «quel que soit le service dans lequel je mets les pieds, on m'atteste partout que les employés en souffrent. Nous devons changer ça».

Un groupe d'experts indépendants devra donc déterminer dans les prochains mois si les problèmes posés par Linux peuvent être résolus ou si un retour à Windows est une meilleure option. «Si les experts conseillent de revenir à Microsoft, cela ne sera pas exclu pour moi», ajoutait alors Josef Schmid.

C'est pour faire des économies que la municipalité de Munich avait voté l'adoption de Linux en 2004. Le système d'exploitation gratuit avait été installé sur les 14.000 ordinateurs que comptait alors l'administration munichoise. Bien que cette décision devait permettre à la ville d'économiser des millions d'euros, le transfert de Windows à Linux s'était lui-même chiffré à plusieurs millions d'euros. Mais cette décision semblait alors marquer un tournant historique:

«Lorsqu'en 2004, le conseil municipal décida d'éconduire le géant du logiciel Microsoft et de devenir la première grande ville du monde à convertir son administration au système d'exploitation Linux, ce fut une révolution.»

Richard Seibt, alors chef de Suse, la société allemande qui édite la version de Linux destinée aux entreprises, avait accueilli la nouvelle avec des mots empreints de lyrisme, rappelait la Süddeutsche Zeitung:

«Ce vote sera dans notre branche ce que fut la chute du Mur de Berlin pour la politique internationale.»

Par crainte de perdre son monopole, Microsoft avait d'ailleurs tenté en vain de dissuader la mairie rebelle de lui tourner les talons quelques mois plus tôt:

«En 2003, peu avant que ne soit prise la décision, l'ancien chef de Microsoft Steve Ballmer avait interrompu exprès ses vacances en Suisse pour faire changer d'avis les Munichois: mais même avec une grosse ristourne dans son bagage, il n'avait pas réussi à convaincre.»

Contacté par la Süddeutsche Zeitung, le géant américain, qui ouvrira un nouveau siège à Munich en 2016, a fait savoir qu'il était «bon perdant» et «prêt à discuter».

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