Société

Les gardes du corps de JFK avaient-ils trop bu?

Temps de lecture : 2 min

Alors que le mystère reste entier autour du meurtre du président américain, de nouveaux détails semblent indiquer que sa garde rapprochée avait la gueule de bois ce matin-là.

JFK et sa femme Jackie dans leur limousine à Dallas, quelques minutes avant l'assassinat / Walt Cisco, Dallas Morning News / domaine public via Wikimedia Commons
JFK et sa femme Jackie dans leur limousine à Dallas, quelques minutes avant l'assassinat / Walt Cisco, Dallas Morning News / domaine public via Wikimedia Commons

Depuis plus de cinquante ans, les théories se multiplient pour tenter d’élucider l’affaire. Et selon le magazine Vanity Fair, plusieurs des agents secrets chargés de protéger JFK à Dallas manquaient cruellement de sommeil et n’étaient pas encore remis de leur nuit alcoolisée.

22 novembre 1963, 12h30. John F. Kennedy parade aux côtés de sa femme dans les rues de Dallas, dans le Texas, à bord d’une limousine décapotée. Dans l’effroi général, deux balles viennent frapper le président de plein fouet, qui mourra quelques minutes plus tard à l’hôpital.

Mais ce que peu de personnes ont remarqué, c’est le temps de réaction des gardes du corps du président, exceptionnellement long. Cinq secondes se sont écoulées entre les deux coups de feu. En temps normal, c’est suffisant pour qu’un agent vienne couvrir le président pour le protéger, au péril de sa propre vie. Mais cette fois-là, personne n’intervient, les gardes assis dans la limousine restent stupéfaits, et celui placé derrière la voiture, Clint Hill, tarde à intervenir.

Pour Abraham Bolden, seul agent noir dans l’équipe de sécurité du président à l’époque, mais qui n’était pas de service ce jour-là, la raison de cet échec est évident:

«Leurs réflexes étaient clairement affectés par, tout d’abord le manque de sommeil, et ensuite par le fait que certains d’entre eux aient pu consommer de l’alcool.»

Et effectivement, comme l'explique Vanity Fair, sur les 28 agents présents ce jour-là, 9 d’entre eux avait bu la veille. Pour Bolden, qui a écrit un livre sur sa carrière, l’alcool était un problème récurrent.

«Quand on allait quelque part, la première chose qu’ils faisaient, c’était faire le plein d’alcool. Ils buvaient et puis ils allaient travailler.»

Mais cette affaire, au-delà des manquements des services secrets, révélait un malaise plus profond: les conditions de travail des agents et leur culture du silence au sein du service, où toute trace d'émotion ou signe de faiblesse était caché. Dans son livre The Kennedy Detail, l’agent Gerald Blaine explique également que le manque de sommeil était constant :

«Travailler 16 heures d’affilée était tellement commun quand Kennedy est devenu président que c’était presque la routine. La rotation toute les 8 heures fonctionnait normalement quand le président était à la Maison-Blanche. Mais quand il voyageait, on n'avait pas assez de monde.»

Cet échec supposé des services secrets fait écho à la récente intrusion d’un homme armé d’un couteau au sein même de la Maison Blanche. Une brèche dans la sécurité qui n’a pas manqué de soulever de nouvelles questions autour de la sécurité du Président. Julia Pierson, qui dirigeait la sécurité de Barack Obama, a dû démissionner. En mars dernier, trois agents avaient été renvoyés chez eux après avoir été découverts soûls dans un hôtel d’Amsterdam lors d’un voyage présidentiel. Les exemples de dérives au sein des services secrets sont nombreux, et pourtant, comme le rappelle The Guardian, un rapport de 145 pages remis en 2013 par le département de la Sécurité intérieure expliquait qu’il n’y avait pas de «trace de mauvaise conduite généralisée au sein du service».

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