France

La dissolution est-elle une solution ?

Julien Jégo, mis à jour le 25.08.2014 à 17 h 32

François Hollande sur l'île de Sein le 25 août 2014 | REUTERS / Phillipe Wojazer

François Hollande sur l'île de Sein le 25 août 2014 | REUTERS / Phillipe Wojazer

Il n'aura pas fallu longtemps pour que l'on passe de démission à dissolution. Après l'annonce en début de matinée de la démission du gouvernement Valls, l'opposition n'a pas tardé à demander la dissolution de l'Assemblée Nationale. Pour beaucoup, ce remaniement est le coup de trop.

La dissolution de l'Assemblée Nationale, c'est un peu le serpent de mer politique de François Hollande. La dernière fois qu'une telle demande avait été faite au président de la République, c'était après la lourde défaite du PS aux élections européennes en mai dernier. Et déjà le débat entre pro et anti-dissolution était vif.

Comme nous l'avions écrit juste après ces résultats historiques, annoncer la dissolution de l'Assemblée nationale n'est pas forcément la bonne solution. Aujourd'hui comme en mai, le système politique français est morose. Entre l'UMP qui tente de sortir doucement de ses affaires récentes et le gouvernement qui se déchire, le chef de l'Etat peut et doit apparaître comme «un point fixe de stabilité». S'il prend le risque de réduire la représentation socialiste à l'Assemblée et de travailler avec un gouvernement de cohabitation, ce n'est pas le bon message qu'il fera passer.

Ici-même, Eric Dupin estimait à l'inverse que «la dissolution n'est pas une idée aussi idiote que cela». L'impopularité record de François Hollande devrait selon lui le pousser à privilégier une cohabitation qui pourrait lui permettre d'enfin conduire une politique cohérente. Une stratégie qui pourrait aussi s'avérer payante pour le chef de l'Etat en 2017, car comme le rappelait Eric Dupin:

«Depuis le général de Gaulle, aucun président de la République n’a réussi à se faire réélire avec une majorité parlementaire de son bord. Valéry Giscard d’Estaing a été battu en 1981, comme Nicolas Sarkozy en 2012. François Mitterrand et Jacques Chirac ont conservé leur poste à l’Elysée, en 1988 et 2002, en tant que présidents de cohabitation.»

Julien Jégo
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Journaliste
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