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Pays les plus pacifiques: les États-Unis vexés par leur mauvais classement

Temps de lecture : 2 min

War and Peace / Jayel Aheram via Flickr CC License by
War and Peace / Jayel Aheram via Flickr CC License by

Depuis que l'Indice de la Paix dans le Monde en 2014 a été publié cet été, de nombreux pays compris dans le Top 10 des pays jugés les plus «pacifiques» s’en sont félicités par l’intermédiaire d’articles de presse (la Belgique et l'Autriche par exemple). Les autres ont commenté l’enseignement majeur –et sinistre– de cette étude: depuis 2008, 111 pays ont enregistré un recul de leur niveau de pacifisme, entraînant avec eux le niveau de paix global, et il n’y a que 11 pays qui ne sont pas en état de guerre (interne ou externe).

Les Etats-Unis sont en revanche restés silencieux. Leur classement peu flatteur –101e sur 162 pays– n’y est sans doute pas pour rien. Un article un poil vexé du Washington Post signé Adam Taylor comble ce vide, en s’interrogeant sur la validité de la méthode employée pour établir cet indice.

La définition de la «paix» qui a été retenue va par exemple au-delà d’une simple «absence de conflit» interne et externe. Des onze pays qui ne sont pas en état de guerre, seuls deux (le Japon et la Suisse) sont ainsi dans le top 10 des pays les plus pacifiques.

Cela s’explique par l’importance accordée par l’indice au niveau de «militarisation» du pays: sept des 22 critères retenus ont un rapport avec cette question sensible pour les Etats-Unis (dépenses militaires en pourcentage du PIB, exportations d’armes conventionnelles, l’accès à des armes légères, etc.).

«Cela signifie qu’un pays comme la Suisse, en dépit de l’absence de conflit qui le caractérise, ne peut pas prétendre être le pays le plus pacifique, car cette petite nation a une industrie de l’armement relativement étendue et rentable», remarque le journaliste du Washington Post.

Cela témoigne de la relativité de la notion de «pacifisme» selon les critères que l’on retient. Aussi, rassembler 22 critères pour les amalgamer dans un seul et unique indice semble peu pertinent aux yeux du politologue américain Jay Ulfelder, qui a fait part de son scepticisme à propos de cet indice en 2012 sur son blog:

«Nous finissons souvent avec une mesure sommaire qui éclaire autant qu’elle rend inintelligible, car elle nous dissimule ces tensions

Nous en venons au sujet qui tient à cœur au Washington Post: les Etats-Unis méritent-ils d’être aussi mal classés par cet indice, malgré leurs dépenses militaires astronomiques? L’auteur estime que celles-ci peuvent aussi permettre d’éviter des conflits:

«L’usage de la force en Irak, par exemple, pourrait avec un peu de chance éviter d’autres conflits.»

Quant à l’Islande, considérée comme le pays le plus pacifique, elle est membre de l’Otan et a nombre d’accords militaires avec d’autres pays, «dont les Etats-Unis», rappelle l’auteur, à qui, apparemment, l’attribution –controversée– du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama en 2009 n'a pas suffi.

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