Chez McKinsey, on ne produit pas que des rapports à destination de l'Élysée. Récemment, le cabinet d'études s'est par exemple intéressé à l'impact futur des intelligences artificielles (IA) sur le monde du travail. Avec notamment ce chiffre marquant: d'ici la fin des années 2020, près d'un tiers des heures travaillées aux États-Unis pourraient être automatisées.
La population américaine compte actuellement 332 millions d'individus, dont 12 millions (soit 3,6%) seront contraints de changer d'emploi d'ici 2030 à cause de l'irruption des IA dans le marché du travail. Et les femmes devraient être plus particulièrement touchées par cette automatisation progressive, précise Quartz. Parmi les personnes impactées, on comptera en effet 1,5 fois plus de femmes que d'hommes.
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Selon le rapport de McKinsey, tout cela s'explique avant tout par l'omniprésence des femmes dans des secteurs comme le travail de bureau et le service clientèle, qui devraient être particulièrement touchés. Elles sont aussi très représentées dans des domaines où le travail est précaire et peu rémunéré; or, les personnes travaillant dans ces secteurs ont quatorze fois plus de chances d'être remplacées par une machine d'ici 2030 que celles appartenant aux classes supérieures.
Les plus précaires en ligne de mire
Les points de convergence avec d'autres catégories ne surprendront personne: on apprend également que les personnes noires ou d'origine hispanique sont également très menacées, puisqu'elles sont également très nombreuses à avoir des emplois précaires. Elles devront sans doute acquérir de nouvelles compétences pour espérer accéder à d'autres postes.
Si certains secteurs vont donc être touchés par une réduction de personnel, d'autres devraient au contraire bénéficier de cette irruption croissante des IA au sein du monde du travail. Cela devrait notamment être le cas pour «les sciences et technologies, et les domaines liés à la création, au business ou à la loi», peut-on lire dans le rapport publié par McKinsey.
Les rapporteurs font preuve d'un optimisme bon teint à propos des travailleurs et travailleuses les plus précaires, pointant du doigt certains secteurs en tension, qui peinent à recruter, ainsi que le besoin permanent de main-d'œuvre. Selon McKinsey, la conjoncture «a forcé de nombreux employeurs à prendre en considération des candidatures non traditionnelles mais pleines de potentiel, et à fournir une formation en cas de manque d'expérience». Les IA vont-elles aider les plus précaires à se réinventer? Il est permis d'accueillir la nouvelle avec scepticisme.
