Santé / Sports

Muscler son fessier est important pour la santé

Temps de lecture : 3 min

Posséder de solides muscles fessiers n'est pas seulement une question d'esthétique: c'est aussi essentiel pour la santé musculo-squelettique.

Faire des squats est un bon moyen de renforcer ses muscles fessiers. | Meghan Holmes via Unsplash
Faire des squats est un bon moyen de renforcer ses muscles fessiers. | Meghan Holmes via Unsplash

Les muscles fessiers sont des muscles larges et puissants qui participent au support du bassin. En stabilisant l'articulation de la hanche, ils permettent aussi à cette dernière de bouger.

Sur les réseaux sociaux, d'innombrables posts vantent les vertus de certains exercices de musculation visant à renforcer les fessiers, tels que les squats. Cependant, la plupart des «gymfluencers» à l'origine de ces recommandations se focalisent sur l'amélioration de l'apparence du postérieur plutôt que sur sa fonction.

Nous vous proposons au contraire d'oublier un instant l'aspect de votre fessier pour vous intéresser plutôt à ce qu'il fait. Saviez-vous qu'avoir un fessier bien musclé est important pour que le bon fonctionnement du corps? N'ayons pas peur des mots: les muscles fessiers sont même des éléments cruciaux de la santé musculo-squelettique.

Les muscles fessiers nous permettent de nous tenir droit

Les muscles fessiers, aussi appelés «muscles glutéaux», sont au nombre de trois: le muscle grand glutéal, le muscle moyen glutéal et le muscle petit glutéal. Chacun d'eux possède une structure et une fonction anatomique spécifique.

Comme son nom l'indique, le petit glutéal est le moins grand des trois. C'est aussi celui qui est situé le plus en profondeur: il est très proche de l'articulation de la hanche elle-même. Le muscle moyen glutéal recouvre quant à lui le petit glutéal. Relativement grand, il s'étend sur toute la surface externe du bassin. Le grand glutéal, enfin, est le plus imposant des trois. Il recouvre les deux précédents et confère à notre postérieur sa forme caractéristique. Il joue également un rôle très important dans le fonctionnement de notre corps.

Sous l'influence de notre cerveau, les trois muscles glutéaux génèrent une grande quantité d'énergie afin de maintenir notre corps dans une posture érigée, s'opposant ainsi à la gravité qui nous tire vers le bas. En fonctionnant de concert, ils rendent possibles de nombreux mouvements de la hanche. Ils protègent aussi son articulation des impacts et des forces de cisaillement qui pourraient, sur le long terme, l'endommager. Ils absorbent par exemple les chocs lorsque nous marchons ou courons.

Plusieurs de nos travaux de recherche ont révélé que les muscles glutéaux de certains patients souffrant de douleurs aux hanches étaient déficients.

Il est possible que ces déficiences aient pu diminuer la capacité de leurs fessiers à protéger, sur le long terme, les articulations de leurs hanches contre les dommages. Elles pourraient aussi affecter leur capacité à porter des charges, y compris leur propre poids (notamment lorsque ces personnes se tiennent sur une jambe ou lorsqu'elles montent des escaliers –le poids du corps reposant alors alternativement sur une jambe, puis sur l'autre).

Il a par ailleurs été démontré que certaines pathologies de la hanche étaient associées à une diminution de la taille des muscles et une augmentation des tissus «non actifs», comme les tissus graisseux. C'est le cas du syndrome douloureux du grand trochanter (très répandue, cette affection est aussi dénommée «tendinopathie glutéale», «bursite trochantérienne» ou «trochantérite»).

C'est également le cas de l'arthrose de la hanche (ou «coxarthrose»), qui affecte l'ensemble de l'articulation. En Australie, le nombre de cas de cette pathologie est en augmentation. Elle est à l'origine d'une pose de prothèse de hanche sur sept chez les personnes de moins de 55 ans. Les recherches suggèrent que le risque d'arthrose de la hanche chez les personnes jeunes pourrait dépendre de la façon dont elles bougent.

Soulignons toutefois que des signes d'arthrose de la hanche peuvent être détectés lors d'un examen (radio ou IRM) sans qu'ils ne s'accompagnent de douleurs. Leur présence ne signifie cependant pas que des douleurs surviendront forcément un jour.

En cas de douleur à la hanche, le renforcement des muscles fessiers est recommandé en tant que traitement de première intention. Posséder de puissants muscles glutéaux est en effet une façon d'améliorer ses capacités physiques, ce qui est bénéfique au quotidien, et d'autant plus lorsque l'on souffre d'arthrose de la hanche.

On sait que les personnes atteintes de cette pathologie et possédant des fessiers plus musclés sont capables de marcher plus longtemps et plus vite que celles qui ont des muscles glutéaux plus faibles. Elles montent aussi les escaliers plus rapidement.

Dois-je renforcer mes fessiers?

Le fait d'avoir des fessiers trop faibles a été associé à divers problèmes: des douleurs lombaires, des douleurs patello-fémorales (douleurs situées sous la rotule) et un syndrome douloureux du grand trochanter plus important.

Certains résultats de recherches suggèrent par ailleurs que le fait d'avoir des fessiers puissants pourrait jouer un rôle dans le maintien en bon état du périnée, mais des travaux complémentaires doivent encore confirmer ces observations.

Bien entendu, renforcer ses muscles glutéaux n'est pas une solution miracle: toutes les pathologies citées sont sous l'influence de multiples facteurs, et chaque patient est un cas unique. Mais avoir des fessiers solides est, de façon générale, très important pour la stabilité et le bon fonctionnement des hanches et du bassin. C'est la raison pour laquelle les médecins, les kinésithérapeutes, ainsi que d'autres praticiens prescrivent parfois des exercices visant à les renforcer en cas de problèmes de hanches.

Pas besoin d'attendre d'avoir des douleurs, ni d'être «gymfluencer» ou sportif professionnel pour s'y mettre: à partir du moment où l'on possède un postérieur, si l'on veut rester dans la course le plus longtemps possible, mieux vaut penser à le muscler.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

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