Santé

Le «bon» cholestérol n'est pas bénéfique pour toutes les ethnies

Temps de lecture : 2 min

Ne vous fiez pas à son intitulé.

Un taux plus élevé de HDL ne diminue en aucun cas le risque de maladie cardiovasculaire. | jesse orrico via Unsplash
Un taux plus élevé de HDL ne diminue en aucun cas le risque de maladie cardiovasculaire. | jesse orrico via Unsplash

Les bénéfices du «bon» cholestérol, également appelé «lipoprotéine de haute densité» (HDL), sont réexaminés après qu'une nouvelle étude les a remis en question. Régulièrement utilisé par les médecins pour évaluer le risque de maladie cardiovasculaire, le taux de HDL universel s'avérerait inefficace pour prévenir les dangers chez les personnes noires.

Une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology et relayée par le New York Post a révélé qu'un faible taux de cholestérol HDL était associé à un risque accru de crise cardiaque chez les adultes blancs, mais qu'il n'y en allait pas de même chez les patients noirs.

Cette découverte vient remettre en question la médecine, qui jusqu'alors se basait sur une étude des années 1970. Cette analyse avançait que concentration élevée de cholestérol HDL et faible risque de maladie coronarienne étaient intimement liés. Cependant, seuls des Américains blancs y avaient été inclus.

Pour mener à bien cette nouvelle recherche, des scientifiques du Knight Cardiovascular Institute de l'Oregon Health & Science University ont analysé 23.901 profils médicaux issus de l'étude Reasons for Geographic and Racial Differences in Stroke Study (REGARDS). Parmi eux, 57,8% de personnes blanches et 58,4% de femmes. Tous avaient au moins 45 ans.

Le but pour l'équipe de recherche était de comparer les facteurs de risque d'événement cardiovasculaire survenant chez des patients noirs et blancs sur une période de dix à onze ans. «Il fallait comprendre le lien établi de longue date qui désigne les HDL comme le cholestérol bénéfique, et savoir si cela est véridique pour toutes les ethnies», indique Nathalie Pamir, principale autrice de l'étude.

Jusqu'à cette récente découverte, la lipoprotéine de haute densité était considérée comme bienfaisante puisqu'il avait été démontré qu'elle absorbait le cholestérol présent dans le sang et le ramenait au foie. Ce dernier pouvait ainsi l'évacuer de l'organisme et donc réduire le risque de maladie cardiaque.

Un indicateur défaillant

«Les indicateurs de risque de maladie cardiovasculaire qui utilisent les mesures du taux de cholestérol HDL pourraient fournir une prédiction inexacte pour les patients noirs», écrivent les autrices de l'étude. De ce fait, les évaluations cliniques actuelles peuvent entraver les programmes de prévention et de gestion des maladies cardiaques pour cette ethnie.

«L'étude met en évidence qu'il n'existe pas d'approche unique et qu'il est primordial de mener une recherche plus spécifique à ce groupe», explique Tara Narula, correspondante médicale de CNN. «En attendant, il faut continuer de faire comprendre qu'un taux élevé de HDL n'est pas un passe-droit», préconise-t-elle.

En effet, au cours de cette observation, les scientifiques ont constaté qu'un taux plus élevé de HDL ne diminuait en aucun cas les dangers. Et ce, quel que soit le groupe ethnique.

Une chose reste en revanche certaine: les taux élevés de lipoprotéine de basse densité (LDL), plus communément appelée «mauvais» cholestérol, et de triglycérides permettent de prédire modestement le risque de maladie cardiovasculaire chez les adultes noirs et blancs.

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