Sciences

L'urinoir anti-éclaboussures vient d'être créé par la science

Temps de lecture : 2 min

Il engendrerait cinquante fois moins de salissures qu'un urinoir classique.

L'angle idéal: 30 degrés. | Piqsels
L'angle idéal: 30 degrés. | Piqsels

Parce que les pénis n'ont visiblement pas été conçus pour pouvoir uriner debout sans en répandre partout, la science a décidé de prendre les choses en main. Au lieu de proposer des toilettes unisexe, il était apparemment fondamental de réaliser des recherches permettant d'aboutir à la conception du Saint Graal des latrines: un urinoir dont la forme minimise les risques d'éclaboussures.

C'est de l'université canadienne de Waterloo que provient cette innovation, dont la motivation principale n'est pas de laisser les lieux aussi propres que nous les avons trouvés en entrant, mais de ne pas nous retrouver avec des gouttelettes d'urine sur les vêtements ou les sous-vêtements. «Comme personne n'aime avoir de l'urine partout, explique le chercheur Zhao Pan à New Scientist, nous avons créé un urinoir qui rend les éclaboussures extrêmement improbables.»

Une modélisation informatique a permis de comprendre comment se produisaient les éclaboussures, et notamment quels étaient les angles favorisant ou limitant ce type de phénomène. Celle-ci se base sur des travaux antérieurs, portant notamment sur la façon dont les chiens urinent contre les réverbères.

On y apprenait notamment que si les petits chiens aiment faire pipi près de ces sources de lumière, c'est pour avoir l'impression d'être plus grands. Mais on y comprenait surtout que les chiens ne laissent rien au hasard lorsqu'ils urinent, puisqu'ils optimisent l'angle de leur miction de façon à éviter au maximum l'effet boomerang.

Pi sur 6

Des tests concrets ont ensuite été effectués à l'aide de jets d'eau modulables, sur des urinoirs d'apparences diverses (gabarit, hauteur courbures, taille et positionnement des parois anti-éclaboussures). L'équipe de recherche a fait varier l'angle, le volume de liquide mais aussi la vitesse, partant du principe que les jets d'urine sont comme les flocons de neige, c'est-à-dire tous différents. Puis elle a mesuré les résultats à l'aide de capteurs faits maison: de simples serviettes en papier.

La conclusion obtenue est la suivante: pour maximiser ses chances d'éviter les éclaboussures, il faut tenter de former un angle de 30 degrés (ou π/6, si vous préférez les radians) avec la paroi qui reçoit le flot de liquide. Conséquence: l'urinoir le plus propre possible doit être conçu de manière à simplifier le fait d'approcher de cet angle, quels que soient le type de jet, la taille de la personne ou encore l'endroit visé.

L'urinoir idéal a été baptisé Nauti-Loo parce qu'il ressemblerait à une coquille de mollusque (et parce que «loo» veut dire «petit coin» en anglais). En réalité, il a plutôt l'aspect d'un bec de pélican grand ouvert. Quoi qu'il en soit, cet urinoir hygiénique aurait la particularité de produire cinquante fois moins d'éclaboussures qu'un urinoir bien plus classique. Un dispositif plus sphérique avait un temps été envisagé, mais il ne convenait pas aux personnes de toutes les tailles.

Tant mieux pour les pantalons, même si Nauti-Loo ne protège toujours pas de la dernière goutte risquant de finir dans le caleçon. Tant mieux aussi et surtout pour les personnes, généralement des femmes, chargées de nettoyer et de désinfecter régulièrement les lieux d'aisance. On rappellera aussi que pour éclabousser le moins possible, il est recommandé d'uriner assis, dans les lieux publics comme chez soi, afin d'éviter de semer sur son passage des traces plus que dispensables.

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