Égalités / Société

Interdire aux femmes d'avorter coûte très cher à la société

Temps de lecture : 13 min

Les études le montrent: le droit à l'avortement ouvert à toutes les personnes en capacité de procréer est une composante essentielle de la construction de sociétés égalitaires et durables.

En 2018, on dénombrait 6,9 millions de femmes traitées pour des complications liées à un avortement réalisé de manière clandestine dans les pays en développement. | Manny Becerra via Unsplash
En 2018, on dénombrait 6,9 millions de femmes traitées pour des complications liées à un avortement réalisé de manière clandestine dans les pays en développement. | Manny Becerra via Unsplash

«Un enfant si je veux, quand je veux», disait le slogan féministe des années 1970. Malheureusement, aujourd'hui encore, rien ne semble gagné. Dans le monde, le droit à l'IVG reste soumis au bon vouloir des autorités, comme l'ont montré les États-Unis, où il a été révoqué à l'échelle fédérale par la très conservatrice Cour suprême.

En Europe également, les temps sont durs pour les droits des femmes: en Pologne, l'IVG est devenue quasiment illégale en 2020; à Malte, elle est fermement interdite; et en Hongrie, le gouvernement ultraconservateur de Viktor Orbán vient d'en restreindre encore plus fermement l'accès.

«En matière d'avortement, rien n'est jamais acquis»

En France, où 223.000 interruptions volontaires de grossesse ont été enregistrées en 2021, l'actuelle législation semble plutôt aller dans le sens d'un renforcement de l'accès à l'IVG.

Malgré tout, l'importante présence des différents mouvements pro-vie dans l'espace public et la sphère numérique nous rappelle que beaucoup sont opposés à ce que les femmes puissent disposer librement de leur corps. La docteure Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne, peut en témoigner.

Pour elle qui a créé en 2016 la Maison des femmes de Saint-Denis, où sont réalisées chaque jour des IVG, difficile de ne pas remarquer un recul de la pensée en matière d'avortement: «Trente ans en arrière, on célébrait encore cette avancée sociétale. Aujourd'hui, les crispations identitaires et l'omniprésence pernicieuse des lobbies anti-avortement, très riches et puissants, font que beaucoup d'individus, femmes comprises, sont opposés au droit à l'IVG. Il faut rester méfiant, car en matière d'avortement, rien n'est jamais acquis.»

Ce retour en arrière idéologique met en péril le droit pourtant central à la consolidation de mondes plus justes et désirables. Car outre le fait qu'il paraît intolérable en 2022 d'empêcher les femmes de choisir de manière libre et éclairée ce qui est le mieux pour elles, leur interdire d'avorter coûte très cher aux sociétés sur le plan humain, social, financier et écologique.

Des femmes avortent toujours au prix de leur vie

«Partout dans le monde, c'est encore aux femmes d'assumer majoritairement le travail contraceptif et la charge mentale du contrôle des naissances. De plus, aucune contraception n'est sûre à 100%», note Marie Mathieu, sociologue spécialiste de l'avortement. En effet, quelle que soit la contraception choisie, celle-ci ne constitue jamais un rempart entièrement fiable contre les grossesses non désirées.

«Par ailleurs, si le nombre de grossesses non désirées a diminué du fait de l'évolution de la couverture contraceptive en France, les femmes avortent plus souvent qu'avant en cas de grossesse non prévue. L'avortement reste ainsi un épisode fréquent, une donnée structurelle de la vie sexuelle et reproductive des femmes, même s'il est toujours considéré comme une pratique déviante.»

Aussi, quel que soit le statut juridique de l'IVG, les femmes avortent, et ce dans tous les pays, depuis la nuit des temps. Le nombre d'avortements est d'ailleurs quasi similaire au sein des pays qui l'autorisent (34 pour 1.000) qu'au sein des pays qui l'interdisent (37 pour 1.000).

Malheureusement, 25 millions d'avortements seraient chaque année réalisés dans des conditions dangereuses, majoritairement en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud –soit 45% de la totalité des avortements– avec des conséquences désastreuses pour les femmes.

Entre les recours à des médicaments de rue et l'utilisation de produits chimiques (détergents, eau de Javel) ou d'aiguilles, une femme meurt toutes les neuf minutes des suites d'un avortement clandestin dans le monde. «Cela nous rappelle que pour les femmes qui avortent, enfanter n'est pas une option. Elles préfèrent prendre le risque de mourir plutôt que de poursuivre leur grossesse, car être mère à ce moment de leur vie ne leur paraît tout simplement pas vivable», signale Dre Ghada Hatem.

Certains décès sont plus médiatisés que d'autres. En septembre 2022, Meriem, 14 ans, est morte des suites d'un avortement clandestin réalisé dans une région rurale du Maroc, un pays où interrompre une grossesse est passible de deux à cinq ans d'emprisonnement. En Europe aussi, dans les pays qui interdisent l'IVG, les femmes sont contraintes de mettre fin à leur grossesse sans assistance médicale.

En Pologne, elles seraient 200.000 par an à avoir recours à des pilules abortives ou à d'autres méthodes plus dangereuses, sans suivi médical. Dre Ghada Hatem rappelle qu'en France, c'est essentiellement parce que les femmes mouraient en grand nombre après des avortements clandestins que la loi Veil a pu passer: «À un moment donné, l'État a jugé indécent de voir autant de femmes mourir de cette manière. Le coût humain était tel que la loi est passée.»

Empêchées d'avorter, elles meurent aussi

Dans les pays occidentaux où l'IVG est autorisée, elle n'est pour autant pas toujours accessible et les femmes meurent encore de n'avoir pas pu y accéder.

En Italie, plus de 80% des médecins sont opposés à l'avortement et 67% refusent de le pratiquer en raison de la clause de conscience. Près de 15.000 avortements clandestins auraient donc lieu chaque année, en raison d'une impossibilité pour les femmes à trouver un médecin acceptant de mettre fin à leur grossesse.

En 2018, le cas de Valentina Milluzzo a ému le pays et ravivé le débat sur les objecteurs de conscience. Enceinte de jumeaux, la jeune femme s'était rendue à l'hôpital à cinq mois de grossesse, en proie à d'intenses douleurs. Elle est décédée à 32 ans d'une septicémie, son médecin ayant refusé de l'avorter alors que l'un des fœtus était mort dans son ventre.

Protéger un fœtus à tout prix au risque de voir la femme mourir... Peut-on décemment parler de combat pour la vie humaine si cela n'inclut pas celle des femmes? Visiblement, les mouvements anti-avortement ne sont pas à une contradiction près.

Dans Sorcières (La Découverte, 2018), la journaliste et essayiste Mona Chollet note ce paradoxe: «De nos jours, rien n'est plus mensonger que cette étiquette “pro-vie” dont s'affublent les militants anti-avortement: un grand nombre d'entre eux sont aussi favorables à la peine de mort […] et on ne les voit pas militer avec autant d'ardeur contre les guerres ni contre la pollution, dont on estime qu'elle a été responsable d'une mort sur six survenues dans le monde en 2015.»

Aux États-Unis, depuis 2017, on dénombre 42 attentats à la bombe contre des centres de planification familiale perpétrés par des mouvements religieux pro-vie, 186 incendies, 17 tentatives d'assassinat et 8 assassinats ayant ôté la vie à des médecins et des femmes venues avorter.

Les avortements clandestins, un coût pour la société

En France, une IVG médicamenteuse (qui peut être réalisée hors d'une structure hospitalière jusqu'à sept semaines de grossesse) coûte entre 233 et 328 euros à la Sécurité sociale, qui la prend entièrement en charge. L'IVG chirurgicale par aspiration coûte quant à elle entre 423 et 644 euros au système de santé.

Comme le rappelle le médecin français Martin Winckler dans son ouvrage C'est mon corps (L'Iconoclaste, 2020), «l'aspiration est un geste simple, qui peut être fait sous anesthésie générale ou locale, dure quelques minutes et ne provoque aucune lésion de l'utérus». Des techniques bien rodées et à faible coût qui contrastent avec la réalité des avortements non sécurisés.

En 2018, on comptait 6,9 millions de femmes traitées pour des complications liées à un avortement réalisé de manière clandestine dans les pays en développement. Leurs prises en charge pèsent lourd sur des systèmes de soin déjà fragiles. L'OMS établit ainsi que «les complications dues à des avortements non sécurisés coûtent aux systèmes de santé des pays en développement 553 millions de dollars par an pour les traitements après un avortement».

L'égalité des sexes aussi en jeu

Dans le documentaire Roe v. Wade: la véritable histoire de l'avortement, diffusé sur Netflix, la Dre Colleen McNicholas, gynécologue qui parcourt les États-Unis pour réaliser des IVG là où les prises en charge viennent à manquer, témoigne: «Vouloir décider à la place d'une femme si elle doit avoir des enfants, quand elle doit les avoir et combien elle doit en mettre au monde est une manifestation du patriarcat dans sa forme la plus absolue. Car vouloir contrôler la fertilité d'une personne influe sur sa capacité à poursuivre des études, à mener une carrière et à aller aussi loin que possible dans sa vie.» Preuve que l'avortement est un puissant levier de l'égalité hommes-femmes sur le plan économique comme social.

Car lorsqu'elles tombent enceintes, les femmes n'ont souvent d'autre choix que de mettre leurs scolarité et projets professionnels entre parenthèses. «Cela pourrait en être autrement s'il existait des politiques familiales fondées sur l'égalité hommes-femmes, mais on en est encore bien loin», précise la sociologue Marie Mathieu.

«L'analyse des décisions des femmes qui ont avorté souligne bien l'organisation séquencée de leurs trajectoires en Occident. Ce n'est bien souvent qu'après avoir fini leurs études (dont la durée s'est allongée) et s'être stabilisées sur le marché du travail qu'elles s'engagent dans un projet parental, ce qui illustre bien la difficile, voire l'impossible “conciliation” entre études/travail et maternité. Dans un contexte de précarisation de l'emploi et des relations, les femmes font bien souvent face à des injonctions contradictoires, comme le fait d'avoir un emploi stable et une autonomie financière, mais suffisamment tôt pour que leur grossesse ne soit pas considérée comme “tardive”», développe-t-elle.

Aujourd'hui, les carrières des femmes et la construction de leur autonomie sociale et financière continuent à pâtir considérablement de ces schémas inégalitaires persistants.

L'Insee a établi que dans le secteur privé, le salaire net horaire des femmes est inférieur de 18% à celui des hommes. L'écart s'explique par «la baisse de salaire des mères après la naissance d'un enfant, entre -2 et -3%, quand les pères […] bénéficient d'une légère hausse (+3%). À ces désavantages financiers immédiats, s'ajoutent au fil de la carrière des divergences de choix d'employeurs et/ou d'opportunités professionnelles entre mères et pères. Ainsi, le désavantage salarial lié à la maternité s'accroît dans les années suivant les naissances.»

«Faire des études supérieures est un facteur central d'ascension sociale. Or, c'est incompatible avec le fait d'avoir des enfants. »
Dr Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne

Une récente étude américaine montre d'ailleurs que les femmes ayant un enfant entre 25 et 35 ans sont les plus pénalisées par les inégalités de salaire hommes-femmes. Le fait d'enfanter a donc un réel impact sur les ressources financières des femmes, leurs opportunités de carrière et par la même occasion, la possibilité d'accéder au patrimoine en leur nom propre.

Pour celles qui ne souhaitent pas (encore) devenir mères, l'IVG n'est autre qu'un pilier incontournable de la construction de sociétés pleinement investies par les femmes, comme l'expliquait en décembre 2021 l'Américaine Julie Rikelman, avocate au sein du Center for Reproductive Rights, durant l'affaire Dobbs v. Jackson Women's Health Organization: «Les chiffres des cinquante dernières années montrent bien que l'avortement est crucial pour assurer une égale participation des femmes à la société.»

La Cour suprême, à majorité masculine, a pourtant décidé que la Constitution américaine ne conférait pas le droit à l'avortement, révoquant l'arrêt historique Roe v. Wade.

Inégalités sociales et raciales

Une étude américaine de 2015 a démontré que le recours à l'avortement en cas de grossesse non désirée permet aux femmes de poursuivre leurs objectifs de vie et de se construire un avenir plus enviable, grâce notamment à la poursuite d'études supérieures et à la consolidation d'une trajectoire professionnelle. «Dans notre société, faire des études supérieures est un facteur central d'ascension sociale. Or, c'est incompatible avec le fait d'avoir des enfants. Ça, les jeunes femmes qui souhaitent avorter le comprennent très bien», rappelle Dre Hatem.

À l'inverse, les femmes n'ayant pas accès à l'avortement ont plus de risques de vivre dans la précarité, comme le démontre l'économiste américaine Caitlin Myers dans plusieurs de ses travaux. D'après elle, l'impossibilité pour les femmes de mettre fin à une grossesse non souhaitée augmente les risques de voir leurs enfants grandir dans la pauvreté. Cette situation touche particulièrement les populations modestes et racisées, et engendre un mécanisme infini de reproduction des inégalités.

«Bien sûr qu'une femme qui évolue dans la précarité et qui subit des discriminations a peu de chances de voir son sort s'améliorer en ayant un enfant avant d'avoir pu sécuriser son avenir!, abonde la docteure Ghada Hatem. Certes, il y a des exceptions, mais elles ne doivent pas faire oublier la dimension structurelle de ces inégalités.»

Aux États-Unis, les féministes afro-américaines ont, dès les années 1990, créé un mouvement de justice reproductive destiné aux femmes racisées, à faible revenu ou porteuses de handicap, peu représentées dans les milieux militants féministes institutionnalisés –majoritairement blancs. L'objectif de la démarche est de donner à ces femmes le pouvoir d'influer sur leur corps et leur sexualité, en leur facilitant notamment l'accès à l'avortement.

Alors que Roe v. Wade a été révoqué, les inégalités sociales et raciales qui touchent les Américaines sont plus que jamais d'actualité. «Il est impossible de comprendre l'annulation de Roe sans se confronter aux dynamiques de race, de genre et de classe», rappelle Hettie V. Williams, professeure en histoire afro-américaine.

Il faut ainsi souligner que l'interdiction de l'IVG va toujours à l'encontre du développement économique et social d'un pays, comme l'illustre cette étude menée par une banque américaine, qui montre bien que les discriminations et le racisme institutionnalisé coûtent très cher à l'économie des États-Unis. Le montant s'élève à 16.000 milliards de dollars sur vingt ans en raison des opportunités manquées par les populations sujettes à des discriminations de race et/ou de genre, qui touchent prioritairement les femmes racisées.

Interdire l'IVG, c'est nuire à l'économie

Aujourd'hui, nul ne peut plus ignorer que permettre aux femmes de voir leur niveau de vie augmenter bénéficie au collectif. D'après l'OMS, les femmes qui avortent sans assistance médicale peuvent par la suite subir des handicaps de longue durée, qui entraînent une perte de 922 millions de dollars aux ménages concernés à travers le monde.

«Les femmes font face à des injonctions contradictoires, comme avoir un emploi stable [...], mais suffisamment tôt pour que leur grossesse ne soit pas considérée comme “tardive”.»
Marie Mathieu, sociologue spécialiste de l'avortement

À l'échelle d'un pays, une étude menée par l'Institute for Women's Policy Research montre combien coûtent les lois anti-avortement aux économies des États qui le restreignent le plus aux États-Unis. Elle indique que là où l'accès à l'avortement est facilité, on trouve 505.000 femmes supplémentaires âgées de 15 à 44 ans sur le marché du travail, ce qui équivaut à une somme des salaires de 3 milliards de dollars.

Un pactole dont les économies et les services publics des États qui restreignent ou interdisent le droit à l'avortement se voient privés. À l'échelle du pays, une création de richesse équivalente à 105 milliards de dollars serait ainsi perdue chaque année aux États-Unis. Face à ces données, comment nier que c'est bien la collectivité tout entière qui pâtit des décisions politiques visant à entraver les droits des femmes?

Les femmes, meilleures dirigeantes en ces temps de crise

Pour accélérer la transition vers un monde durable, la participation des femmes dans la gestion des ressources naturelles, l'élaboration des lois, le monde de l'entreprise, etc., est décisive. En 2019, une étude révélait que l'augmentation du nombre de femmes au sein des parlements nationaux conduisait à l'adoption de politiques plus tranchées de lutte contre le dérèglement climatique. D'autres sources soulignent les qualités de leadership des femmes, essentielles en temps de crise.

Alors, quel avenir pour l'humanité sans donner un contrôle inconditionnel à toutes les femmes de leur fertilité? L'égalité des sexes se trouve pourtant bien au centre des solutions contre la crise climatique, assènent les scientifiques. Aujourd'hui, le monde ne peut plus se permettre de voir des femmes mourir à la suite d'avortements clandestins ou abandonner leurs études pour élever des enfants qu'elles ne souhaitaient pas voir naître, alors qu'elles auraient pu participer activement à l'élaboration de sociétés plus vertes, justes, pacifiques et inclusives.

Faire tomber les tabous

À l'occasion de la journée mondiale du droit à l'avortement, le 28 septembre dernier, la journaliste Énora Malagré dénonçait les réactions ultra-violentes reçues après la publication de son témoignage, Un cri du ventre (Éditions Leduc, 2019), dans lequel elle parle de ses IVG: «Je pensais très naïvement que dire aujourd'hui en 2022 qu'on avait avorté ne serait pas tellement sujet à conséquences ou à jugement. Et je me suis retrouvée avec des tonnes et des tonnes de messages d'insultes qui remettaient aussi en question l'avortement. Je me suis dit qu'il y avait encore un combat à mener et j'ai été triste de voir que la parole n'était pas si libre en France.» Une expérience qui semble donner raison à Dre Ghada Hatem et à ses craintes d'un rétropédalage dans les mentalités.

Si, contrairement aux États-Unis, la France ne semble pas près d'interdire aux femmes d'avorter (une proposition de loi visant à inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution française est d'ailleurs actuellement examinée par le Sénat), il reste beaucoup à faire pour sécuriser ce droit et s'affranchir de certaines postures idéologiques à son égard.

Cela passe avant tout par une libération de la parole. «Quand le planning familial a voulu refaire le manifeste des 343, ça n'a pas été simple de trouver des alliés et des signatures. [...] Il faut remettre ce droit au centre du débat pour déculpabiliser les femmes et démocratiser la parole», défend Énora Malagré.

Parce que le sujet est encore si sensible, il est plus que jamais primordial de relayer les expériences de femmes ayant avorté, y compris les histoires de celles pour qui cet événement a joué un rôle fondateur. On peut, par exemple, se souvenir de ces quelques phrases qui constituent la préface de l'ouvrage de Gloria Steinem, figure phare du militantisme féministe américain, Ma vie sur la route (Harper Collins, 2019): «Ce livre est dédié au Dr. John Sharpe, de Londres, qui, en 1957, une décennie avant que les médecins anglais soient légalement autorisés à pratiquer une interruption de grossesse pour une autre raison que la santé de la femme, a pris le risque considérable d'admettre pour un avortement une Américaine de 22 ans en route pour l'Inde.»

Elle se souvient qu'il lui avait alors dit: «Vous devez me promettre deux choses. La première, c'est de ne dire mon nom à personne. La deuxième, c'est de faire ce que vous voudrez de votre vie.» Elle conclut: «Cher Dr. Sharpe, je crois que vous, qui saviez que la loi était injuste, ne m'en voudrez pas de dire ceci, si longtemps après votre mort: j'ai fait de mon mieux avec ma vie. Ce livre est pour vous.»

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