Parents & enfants / Société

Aux États-Unis, s'occuper des personnes blessées par balles s'apprend dès l'âge de 3 ans

Temps de lecture : 2 min

Stopper un saignement, couvrir une personne blessée: dans un nombre croissant de villes, tout cela est enseigné aux plus jeunes.

Impossible de laisser les enfants dans un état d'insouciance. | Colin Lloyd via Unsplash
Impossible de laisser les enfants dans un état d'insouciance. | Colin Lloyd via Unsplash

À Canton, ville américaine de 70.000 habitants, le pasteur méthodiste Don Ackerman organise des stages de premiers secours à destination des enfants. L'information pourrait sembler anodine si les sessions d'entraînement n'étaient pas avant tout consacrées au traitement des blessures par balle.

La décision de proposer ce genre de formation dès l'âge de 3 ans part d'un simple constat: aux États-Unis, les violences par arme à feu sont extrêmement fréquentes, ce qui inclut aussi les tueries de masse qui surviennent dans tant d'établissements scolaires chaque année. Alors, dans cette ville de l'Ohio, on apprend désormais aux plus jeunes à endiguer les saignements et à couvrir les personnes blessées.

La ville de Canton n'est pas une exception dans le pays, où de plus en plus de stages du même type sont organisés sur le temps extrascolaire, par des comités de quartier ou des communautés religieuses. Pour Don Ackerman, interrogé par le Wall Street Journal, il s'agit aussi d'une façon d'éviter la résignation et le désespoir.

Le nombre d'homicides par balles enregistré en 2021 sur le territoire américain n'avait jamais été aussi haut depuis vingt-six ans. Rien qu'à Canton, on a dénombré l'an dernier pas moins de quarante-neuf fusillades et vingt-et-un homicides. Impossible de laisser les enfants dans un état d'insouciance: il faut leur faire prendre conscience de la triste et atroce réalité, estiment les responsables de ces stages.

Fini le temps de l'insouciance

«Ces enfants devraient pouvoir courir dehors, jouer et ne pas avoir à s'inquiéter à l'idée que l'un de leurs amis se fasse tirer dessus», confirme Latoya Dickens-Jones, infirmière qui participe aux stages organisés par Canton for All People, l'organisation à but non-lucratif créée par le pasteur Ackerman. «Mais il leur faut être plus responsables que cela.»

De Durham (Caroline du Nord) à Chicago, les exemples de démarches similaires se multiplient. Dans la plus grande ville de l'Illinois, c'est l'association GoodKids MadCity (rien que le nom est terrible) qui apprend aux plus jeunes comment tenter de stopper un saignement avec des objets de la vie courante (carte en plastique, chaussettes).

Pour son cofondateur Carlil Pittman, ces séances peuvent aussi faire office de thérapie pour les participants et participantes ayant déjà été confrontés (de façon directe ou indirecte) à des affaires de violences par balles. Les jeux de rôles organisés permettent en effet d'ouvrir le dialogue et de permettre aux langues de se délier. «Je trouve renversant le fait qu'ils soient capables de s'asseoir, de rire et de parler de ce genre de choses», confie-t-il. «Mais cela montre à quel point tout ceci est devenu la norme.»

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