Santé

La prolifération des particules fines est liée à l'augmentation des arrêts cardiaques

Temps de lecture : 2 min

Une étude singapourienne vient confirmer ce qui a déjà été observé dans d'autres grandes villes du monde.

Débarrasser l'air de ses particules fines devrait permettre de sauver des vies et de libérer quelques lits d'hôpital. | Piqsels
Débarrasser l'air de ses particules fines devrait permettre de sauver des vies et de libérer quelques lits d'hôpital. | Piqsels

Après quasiment une décennie de prélèvements effectués autour de la région de Singapour, des scientifiques ont livré leurs conclusions, relayées par ScienceAlert: certaines particules fines contenues dans l'air ambiant pourraient déclencher des arrêts cardiaques.

Les particules étudiées par l'équipe singapourienne ayant mené cette étude mesurent 2,5 micromètres de diamètre, soit vingt-cinq fois moins que celui d'un cheveu humain. Pourquoi cette taille en particulier? Parce qu'avec un tel diamètre, elles peuvent facilement être inhalées et parcourir notre système respiratoire, ce qui explique qu'elles soient à l'origine de nombreux problèmes de santé, dont des maladies auto-immunes.

À Singapour, entre juillet 2010 et décembre 2018, on a recensé 18.000 arrêts cardiaques survenus hors du milieu hospitalier. D'après les études statistiques, 492 d'entre eux, soit 2,73% du total, peuvent être attribués à l'augmentation des particules fines décrites précédemment. Mais ScienceAlert précise que cette étude ne relève pour l'instant que de la simple observation générale: autrement dit, rien n'affirme pour le moment que les victimes en question aient été particulièrement exposées à ce type de particules.

En revanche, le lien établi résonne comme une invitation à explorer le sujet plus en profondeur. Les données enregistrées indiquent que la concentration moyenne de ces particules fines est de 18,44 microgrammes par mètre cube. Or, toujours d'après les statistiques collectées, l'équipe de recherche a établi qu'une diminution de 1 microgramme par mètre cube correspondait à une baisse de 8% des arrêts cardiaques (soit 39 cas). Pour une baisse de 3 microgrammes par mètre cube, le pourcentage passe à 30% d'arrêts cardiaques en moins, soit 149 cas.

Pas de conclusions hâtives

Les scientifiques ont également mis en lumière le fait que le risque d'attaque cardiaque chute dans les trois à cinq jours après l'exposition aux particules fines, ce qui semble indiquer que les effets sont à court terme. La conclusion est simple: nettoyer l'air singapourien devrait permettre de sauver des vies et de libérer quelques lits d'hôpital.

Si les arrêts cardiaques hors hôpital ont été ciblés, c'est parce que les chances de survie des personnes touchées ne sont que de 10% environ, alors qu'elles sont plus élevées lorsque l'attaque survient en milieu hospitalier. La compétence du personnel médical, la proximité du matériel et la surveillance accrue y sont forcément pour quelque chose.

Singapour ne fait pas exception: des conclusions similaires avaient été formulées dans d'autres grandes villes, de New York à Melbourne. Ailleurs, comme au Danemark, le lien entre particules fines et arrêts cardiaques semble beaucoup moins évident. Il faudra donc mener d'autres études avant de pouvoir tirer des conclusions plus nettes.

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