Parents & enfants / Santé

Les os pourraient ne plus jamais être les mêmes après une grossesse

Temps de lecture : 2 min

Accoucher est un acte irréversible pour le corps, et surtout pour sa densité osseuse.

Ces nouvelles recherches bouleversent la médecine légale et l'archéologie qui, jusqu'à maintenant, observaient le bassin des femmes pour déterminer si elles avaient été enceintes. | National Cancer Institute via Unsplash
Ces nouvelles recherches bouleversent la médecine légale et l'archéologie qui, jusqu'à maintenant, observaient le bassin des femmes pour déterminer si elles avaient été enceintes. | National Cancer Institute via Unsplash

L'arrivée d'un enfant ne se résume pas seulement à un véritable bouleversement psychologique, mais entraîne aussi de notables changements physiologiques pour les femmes. La grossesse peut laisser une marque indélébile sur le squelette humain, allant même jusqu'à modifier la densité osseuse, comme le révèle une nouvelle étude sur les macaques publiée dans PLOS One et relayée par ScienceAlert.

Cette observation, bien qu'uniquement menée sur sept macaques rhésus décédés naturellement dont quatre femelles, met en évidence une certaine évolution des os du fémur s'expliquant exclusivement par la grossesse et la lactation. Force est de constater que les deux singes qui s'étaient reproduites présentaient une composition osseuse dissemblable, avec une plus faible teneur en calcium, en phosphore et en magnésium.

Selon l'équipe de recherche à l'origine de l'étude, «les mutations observées dans la densité de calcium et de phosphore sont liées à l'accouchement, tandis que la diminution de la teneur en magnésium coïncide avec l'allaitement. Ces résultats soulignent sans doute une résorption osseuse liée à la reproduction.»

Même si cette étude ne porte pas sur les humains, les conclusions tirées permettent de comprendre la façon dont les événements significatifs d'une vie laissent une trace sur le squelette. Des analyses supplémentaires seront toutefois nécessaires pour savoir s'il en va de même pour d'autres animaux. «La détection des parturitions à partir de tissus minéralisés est un domaine en pleine expansion mais demeure largement inexploré», se désolent les scientifiques.

La magie du corps humain

Tout comme leurs cousines primates, les humaines voient leur anatomie changer avec l'arrivée d'un petit être. Pendant la grossesse, le corps de la mère peut extraire le calcium de ses os pour le transférer au fœtus afin de veiller à sa croissance si cet élément est consommé en quantités insuffisantes. Ainsi, la masse, la composition et la densité de son squelette sont réduits durant une période indéterminée. Ce même phénomène se produit lors de l'allaitement, mais les effets indésirables cessent lorsque la lactation s'arrête.

Cette densité osseuse peut également diminuer avec l'âge, et plus spécifiquement après la ménopause. Car tout au long de la vie, plusieurs facteurs influent sur la modification des tissus calcifiés de la femme: la grossesse, les maladies, le régime alimentaire qu'elle adopte ou encore le climat de la zone géographique où elle vit. Ces variations peuvent être détectées après le décès du sujet.

Ces nouvelles recherches viennent bouleverser la médecine légale et l'archéologie qui, jusqu'à maintenant, observaient le bassin des femmes pour déterminer si elles avaient été enceintes. Cette technique peu fiable et controversée laisse donc place à l'analyse de la composition des os.

Si l'on savait que les femmes étaient prêtes à beaucoup pour assurer le bien-être de leur enfant, on ignorait en revanche qu'elles le feraient jusqu'à l'os.

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