Sciences

Un marsouin, un dauphin et deux hommes ont attrapé la grippe aviaire cette année

Temps de lecture : 2 min

Et ça n'a rien d'anodin.

Ne ratons pas le patient zéro. | Talia Cohen via Unsplash
Ne ratons pas le patient zéro. | Talia Cohen via Unsplash

En mars 2022, un dauphin gris a été retrouvé mort dans la région américaine de la Gulf Coast, non loin du golfe du Mexique. Après des études approfondies, les scientifiques de l'université de Floride ont pu annoncer en septembre la cause de son décès, explique le New York Times: une forme hautement pathogène de grippe aviaire, qui a provoqué chez lui une inflammation du cerveau.

Cette maladie infectieuse touchant principalement des oiseaux est très surveillée en ce moment, à tel point que les volailles anglaises sont actuellement confinées. Mais les volatiles n'ont pas l'exclusivité de ce que l'on nomme également la peste aviaire: outre le dauphine décédé en mars, le New York Times signale qu'un marsouin est lui aussi mort des suites de cette maladie, quelques mois plus tard. Son cadavre a été retrouvé sur la côte ouest de la Suède.

Les êtres humains ne sont pas en reste: au printemps, dans l'État américain du Colorado, un homme a été testé positif à la grippe aviaire. Incarcéré dans une prison d'État, il avait entamé son processus de réinsertion en acceptant un emploi dans un abattoir de volailles, où la maladie a fini par se déclarer. D'autres analyses ont cependant semé le doute: cet homme a-t-il réellement été infecté, ou le virus était-il juste détectable dans son organisme? Les deux choses sont différentes.

De l'autre côté de l'Atlantique, un Britannique de 79 ans a lui aussi été testé positif à la grippe aviaire, et particulièrement au virus H5N1. Cet homme, qui vivait entouré d'une vingtaine de canards, avait été testé positif en toute fin d'année 2021.

Ni déconnectés, ni insignifiants

Ces événements peuvent sembler «déconnectés et insignifiants», écrit le New York Times, mais ils font partie de ce que la communauté scientifique nomme «viral chatter», terme décrivant un phénomène de transmission d'un virus animal vers des êtres humains, situation qui n'annonce généralement rien de bon.

Le docteur Donald Burke, qui a créé cette expression il y a plusieurs décennies, explique qu'en général, ce genre de scénario débouche sur une impasse, le virus n'arrivant pas à se développer chez les humains, mis que les exceptions existent, et qu'elles sont très préoccupantes. Dans le cas du H5N1, il est permis de s'inquiéter: car le virus semble faire tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de s'installer durablement chez les mammifères (dont font également partie les dauphins et les marsouins).

Il importe donc de surveiller ces quelques cas de très près, car personne ne veut réaliser trop tard que nous tenions là les patients zéro d'une nouvelle pandémie mondiale. Pas de quoi s'alarmer outre mesure, ce qui n'empêche pas de maintenir une vraie forme de vigilance afin d'éviter de reproduire certaines erreurs ayant par exemple mené au déploiement mondial du Covid-19 début 2020.

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