Santé / Sciences

Modifier génétiquement certains moustiques permettrait de les décimer

Temps de lecture : 2 min

Des maladies comme la dengue ou le chikungunya pourraient être sérieusement combattues.

Cette méthode pourrait provoquer une baisse du nombre de moustiques comprise entre 88% à 96%. | Wolfgang Hasselmann via Unsplash
Cette méthode pourrait provoquer une baisse du nombre de moustiques comprise entre 88% à 96%. | Wolfgang Hasselmann via Unsplash

Pas loin de faire l'unanimité contre eux (les exceptions sont vraiment rares), les moustiques piquent, font du bruit et peuvent surtout être vecteurs de maladies. Mais des scientifiques britanniques ont peut-être trouvé le moyen de se débarrasser de l'immense majorité de ces insectes volants si pénibles, ce qui passe par la modification génétique de certains d'entre eux.

L'expérience a été tentée au Brésil, où des moustiques mâles ont été relâchés dans la nature après avoir subi une modification génétique. Ces moustiques sont des «Aedes aegypti», la principale espèce à transmettre la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune et le virus Zika. Comme dans toutes les autres espèces de moustiques, ce sont les femelles qui piquent les humains –et qui leur transmettent donc ces maladies.

Les scientifiques ont décidé de modifier le matériel génétique des mâles de manière à ce que, une fois l'accouplement effectué, la progéniture femelle ne survive pas –sauf si elle reçoit un antibiotique faisant office d'antidote. Les enfants mâles, eux, ne sont pas mis en danger; par conséquent, une partie d'entre eux, qui porte le gène en question, ira se reproduire avec d'autres femelles, propageant ainsi le simili poison.

C'est ainsi qu'entre mai 2018 et avril 2019, des mâles ainsi modifiés ont été relâchés dans quatre quartiers de la ville d'Indaiatuba, dans l'État de São Paulo. Les résultats sont fulgurants: entre novembre 2018 et avril 2019, période correspondant au pic de reproduction, on a ainsi enregistré une baisse comprise entre 88% et 96% de la population des moustiques.

Utilisation fréquente

Les scientifiques ont pu constater que le nombre d'individus relâchés ne changeait pas la donne: 100 moustiques modifiés ont été libérés à intervalles réguliers (soit trois fois par semaine) dans certaines zones, contre 500 dans d'autres, pour des résultats finaux équivalents.

En revanche, l'important est de libérer régulièrement de nouveaux moustiques hybrides, de sorte que le gène modifié ne perde pas en efficacité. Lorsqu'un moustique mâle subit la modification génétique en question, la moitié de ses enfants est porteuse ce gène. Mais il finit par disparaître au bout de six générations, c'est-à-dire au bout d'environ six mois. D'où l'importance de répéter fréquemment l'opération.

La société Oxitec, qui a travaillé sur ce principe, a également conçu une box permettant d'expédier ces moustiques génétiquement modifiés dans n'importe quel pays, où ils pourront être libérés sans difficulté. La boîte contient les œufs de mâles, et il suffit d'y ajouter de l'eau pour déclencher une éclosion relativement rapide. Les zones particulièrement touchées par les maladies propagées par les moustiques, comme l'Afrique et l'Asie du Sud-Est, pourraient être les premières à en bénéficier.

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