Société / Culture

Pour Halloween, évitez ces dix déguisements à tout prix

Temps de lecture : 2 min

Dispensez-vous (entre autres) des costumes vecteurs de discriminations, et de ceux qui font référence à des événements impliquant de la violence.

Merci de ne pas vous grimer en Jeffrey Dahmer. | Capture d'écran Netflix via YouTube
Merci de ne pas vous grimer en Jeffrey Dahmer. | Capture d'écran Netflix via YouTube

Sorcières, Spider-man, Stranger Things... On connaît les thèmes qui devraient avoir le plus de succès lors des festivités de Halloween, qui se dérouleront officiellement le lundi 31 octobre –mais qui devraient démarrer dès ce samedi, le week-end s'avérant plus pratique pour aller récolter des bonbons avec ses parents ou pour organiser une soirée déguisée.

Mais The Independent a aussi pris le sujet sous un autre angle en publiant une liste des dix costumes à proscrire à tout prix pour cet Halloween 2022. L'autrice de l'article sera-t-elle traitée de «wokiste» par le lectorat du média britannique? Ce sera intéressant à observer.

En ouverture, la journaliste Meredith Clark rappelle que «la culture n'est pas un costume». Autrement dit, gare à l'appropriation culturelle. Par exemple, être blanc et vouloir s'habiller en Frida Kahlo ou en maharadjah, c'est non. Et ne parlons même pas du blackface ou du yellowface, d'un racisme absolu.

Parmi les déguisements à éviter, elle cite en premier lieu celui de Jeffrey Dahmer, personnage très en vogue pour cause de série Netflix sortie il y a quelques semaines. Non, se mettre dans la peau du tueur en série ne représente pas le top de l'humour décalé et de l'originalité –d'ailleurs bien d'autres auront eu la même idée que vous.

Certes, la panoplie de Dahmer ne coûte pas bien cher –une paire de lunettes, un t-shirt bien choisi, et voilà le travail–, mais il est hors de question de célébrer un homme qui a semé la mort autour de lui. D'ailleurs certain·es proches des victimes ont explicitement demandé aux personnes fêtant Halloween d'éviter ce qui constituerait une gigantesque faute de goût. Quitte à se déguiser en tueur, autant en choisir un fictif, ce qui permet de célébrer un univers artistique et non de véritables meurtres.

Pas de gifles ni de violences sexistes et sexuelles

Ce serait également une très mauvaise idée de choisir un déguisement en lien avec la gifle adressée par Will Smith à Chris Rock lors des derniers Oscars, surtout si vous êtes blanc. Le procès qui a opposé Amber Heard et Johnny Depp est également à oublier d'un point de vue festif: on rappelle qu'il s'agit d'une affaire incluant des accusations de violences conjugales. Les costumes de lapin Playboy sont aussi à remiser définitivement tout au fond de votre malle à déguisements: les accusations récentes contre Hugh Hefner et les témoignages autour des traumatismes vécus par certaines playmates devraient normalement suffire à vous en convaincre.

En fait, des tas de déguisements liés à l'actualité récente sont de mauvaises idées de A à Z. Oubliez les costumes faisant référence à Roe v. Wade et à l'interdiction de l'IVG dans certains États américains –à moins peut-être d'être une personne concernée et d'avoir une excellente idée, dépourvue de mauvais goût. Laissez aussi tomber l'idée de vous habiller en Monkeypox ou en Covid-19: de vraies personnes en sont mortes, et vous n'avez sans doute pas envie de croiser quelqu'un qui a perdu un·e proche à cause de l'une de ces maladies.

Les costumes transphobes sont également à laisser au vestiaire (et même à mettre à la poubelle): par exemple, lorsqu'on est cisgenre, pas question de s'habiller en Caitlyn Jenner. Quant à ces horribles déguisements vendus clé en main par certaines boutiques, laissez-les là où ils sont, ou signalez-les aux vendeurs en leur expliquant pourquoi ils posent problème. Même chose, d'ailleurs, pour les fatsuits, ces tenues permettant de se glisser dans la peau d'une personne grosse. Cela s'appelle de la grossophobie et c'est une discrimination.

La journaliste terminant en citant deux exemples de célébrités qu'il vaut mieux rayer de sa liste. L'une, Marilyn Monroe, a refait parler d'elle en raison de la sortie du film Blonde sur Netflix: la surexploitation de son image doit cesser, notamment parce que sa vie n'a pas été le long fleuve charmant et sexy que certain·es continuent bizarrement à fantasmer. L'autre, la reine Elizabeth II, est morte le 8 septembre 2022, et Meredith Clark se contente d'un résumé en deux mots: «Trop tôt.»

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