Sciences

Un accord de piano pourrait faire taire vos cauchemars

Temps de lecture : 2 min

Et même, rendre vos rêves plus joyeux.

Il existe une relation entre les émotions vécues dans les rêves et notre bien-être émotionnel. | Andrik Langfield via Unsplash
Il existe une relation entre les émotions vécues dans les rêves et notre bien-être émotionnel. | Andrik Langfield via Unsplash

Messagers de l'inconscient, les cauchemars viennent nous tourmenter dans notre sommeil. Phénomènes communs mais aux zones d'ombre nombreuses au regard du mystérieux rôle joué par notre cerveau la nuit tombée, leur traitement est un véritable défi. Mais en 2010, des chercheurs font une découverte qui bouleversera la science une décennie plus tard.

Écouter des sons durant notre sommeil ayant été préalablement associés à un souvenir permet de consolider notre mémoire, rapporte ScienceAlert. Plus communément appelée «réactivation de mémoire ciblée» (TMR), cette méthode pourrait être la clé permettant de faire taire les cauchemars qui empoisonnent nos nuits. Et ça, Lampros Perogamvros, psychiatre des Hôpitaux universitaires de Genève et de l'Université de Genève, et ses collègues, l'ont bien compris.

«Il existe une relation entre les émotions vécues dans les rêves et notre bien-être émotionnel. Nous avons ainsi eu l'idée d'aider les personnes touchées en manipulant leurs ressentis», explique le psychiatre. Le grand public avait déjà à sa disposition une ressource à la visée similaire: la thérapie par répétition d'imagerie mentale (IRT), méthode avec laquelle le patient réécrit ses cauchemars les plus récurrents en ajoutant une fin heureuse et en la répétant –méthode néanmoins inefficace pour une partie de la population.

Une étude menée par l'équipe de recherche suisse sur trente-six patients souffrant de cauchemars à répétition a montré qu'une combinaison de ces deux thérapies réduisait la fréquence des mauvais rêves.

Les volontaires ont tous tenu un journal basé sur la méthode d'IRT, puis le groupe a été divisé en deux: seule la moitié des individus ont participé à la méthode de TMR, établissant un lien entre une version positive de leurs rêves et un son, en l'occurence l'accord de piano C69.

Les personnes des deux échantillons ont ensuite mis un bandeau détectant leur activité cérébrale avant de dormir. Au moment d'entrer en phase de sommeil paradoxal, l'ensemble du panel entendait cette tonalité, à intervalles de dix secondes, et à laquelle un seul des deux groupes avait été préalablement exposé.

Après deux semaines supplémentaires à écrire leurs rêves dans un journal, puis après trois mois sans aucun traitement, les deux échantillons ont été évalués.

Des résultats encourageants

Au début de l'étude, le groupe témoin avait en moyenne 2,58 cauchemars par semaine et le second, 2,94. Après les expérimentations, le premier en avait 1,02 tandis que le groupe PMR n'en avait plus que 0,19. Encore plus significatif: ce dernier a signalé une augmentation des rêves joyeux.

Toutefois, lors du suivi de trois mois, c'est-à-dire une fois l'accord de piano et les prises de notes disparus, les cauchemars avaient légèrement repris pour l'ensemble du panel, passant respectivement à 1,48 et 0,33 par semaine.

Il s'agit néanmoins d'une baisse considérable de la fréquence des cauchemars, qui fait toute la fierté de l'équipe de recherche: «Nous montrons à travers cette analyse que réduire le nombre de mauvais rêves est possible. L'utilisation de la TMR pour soutenir l'IRT donne lieu à un traitement plus efficace. Ces résultats sont très prometteurs, tant pour l'étude du traitement des émotions durant le sommeil que pour le développement de nouvelles thérapies», résume Lampros Perogamvros.

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