Sciences

On sait désormais pourquoi certains manchots abandonnent leur premier œuf

Temps de lecture : 2 min

La faim justifie les moyens.

Les Eudyptes sclateri pondent deux œufs à chaque saison de reproduction, avec une fâcheuse tendance à abandonner le premier. | Capture d'écran Youtube Ryan Carter 
Les Eudyptes sclateri pondent deux œufs à chaque saison de reproduction, avec une fâcheuse tendance à abandonner le premier. | Capture d'écran Youtube Ryan Carter 

Les Gorfou huppés (Eudyptes sclateri), également appelés manchots à crête dressée, sont parmi les moins étudiés au monde. Mais à mesure que leur nombre ne cesse de se réduire, les scientifiques essayent de mieux comprendre cette fascinante espèce. Une de leurs caractéristiques a notamment longtemps intrigué les chercheurs: ces manchots pondent deux œufs à chaque saison de reproduction, avec une fâcheuse tendance à abandonner le premier.

Ce drôle de comportement, qui avait été observé pour la première fois en 1998, vient tout juste d'être expliqué par les scientifiques dans une étude publiée dans la revue PLOS One. En s'appuyant sur les données récoltées il y a de ça deux décennies et sur des analyses terrain, ils en ont conclu que ces manchots sont contraints à l'infanticide à cause de la réduction de leur nourriture disponible.

Place à l'œuf le plus gros

La plupart du temps, les Eudyptes sclateri laissent «malencontreusement» rouler hors de leur nid le premier œuf de leur portée, voire les poussent littéralement dehors. Bref, tout est fait pour que celui-ci ne naisse pas.

Les scientifiques ont remarqué qu'il existait en fait une différence entre l'œuf rejeté et l'œuf choisi pour vivre. Le premier œuf pondu a tendance à être bien plus petit que le second, car il se forme au moment de la migration de ces oiseaux, rapporte Science Alert. Cette différence de taille n'est pas sans conséquence: l'œuf plus gros -le second- a plus de chances de déboucher sur un manchot en bonne santé, avec des chances de survie bien plus élevées.

D'un autre côté, les scientifiques ont remarqué que ces manchots avaient de plus en plus de difficulté à trouver du krill - des petits crustacés en eaux froides- et des calmars pour se nourrir, comparé à leurs ancêtres. Avec ces deux indicateurs, l'étude conclut que les manchots préféraient abandonner leur premier œuf au profit du second, plus gros et avec plus d'avenir, faute de pouvoir nourrir deux nouveaux membres. Une sorte de sélection naturelle sous la contrainte.

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