Sciences

Les Mayas ont-ils été décimés par la pollution au mercure?

Temps de lecture : 2 min

Utilisé comme un colorant sacré, cet élément a pu leur être fatal.

Les Mayas étaient fascinés par la couleur rouge, typique du mercure. | Jezael Melgoza via Unsplash
Les Mayas étaient fascinés par la couleur rouge, typique du mercure. | Jezael Melgoza via Unsplash

La pollution n'est pas l'apanage des cultures modernes. Comme le raconte ScienceAlert, des équipes de recherche viennent de mettre en évidence d'importants niveaux de pollution au mercure sur certains sites mayas classés. Les archéologues qui continuent à travailler sur ces lieux sont d'ailleurs invités à faire preuve de la plus grande prudence, le mercure y étant présent en quantités astronomiques, largement supérieures aux seuils considérés comme acceptables.

«La pollution de l'environnement au mercure est généralement constatée dans des périmètres urbains contemporains et dans des zones industrielles», rappelle Duncan Cook, géoarchéologue australien travaillant sur l'héritage environnemental laissé par les Mayas. Cette fois, ce n'est pas le cas: le mercure trouvé dans ces lieux y est présent depuis des siècles, et a infiltré le sous-sol jusqu'à des zones profondes. Sur sept des dix sites de la période classique (courant du VIe au IXe siècle de notre ère) qu'ils ont étudiés, les scientifiques ont relevé des niveaux insensés de pollution.

Très utilisé par l'industrie avant d'être tardivement pointé du doigt pour sa dangerosité, le mercure a notamment été fatal à de nombreux artisans du XIXe siècle, dont il a empoisonné le système nerveux. Depuis des siècles, il était très employé en tant que colorant, permettant d'obtenir des teintes pourpres très appréciées. Le cinabre, espèce minérale contenant du sulfure de mercure, était particulièrement prisé.

Sacré mais fatal

Le géoarchéologue américain Nicholas Dunning évoque la fascination de la civilisation maya pour la couleur rouge: «Pour les Mayas, les objets pouvaient contenir du “ch'ulel”, une force spirituelle provenant du sang.» «Par conséquent, ajoute-t-il, le pigment rouge contenu dans le cinabre était une substance inestimable et sacrée. Mais ils ignoraient qu'il était également mortel.»

D'après les recherches archéologiques, le cinabre n'aurait pas été directement extrait par les Mayas sur leurs territoires, mais proviendrait d'autres zones d'Amérique centrale. La façon dont ils sont parvenus à se procurer cet élément qui, à cette époque, leur apparaissait comme miraculeux, est encore floue. En ont-ils acheté à d'autres peuples, ou sont-ils parvenus à en produire en faisant de la chimie? Pour le moment, le mystère reste entier sur ce point.

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