Sciences / Société

Les connaissances plus que les amis proches peuvent vous aider à trouver un nouveau travail

Temps de lecture : 2 min

C’est la force des «liens faibles».

La théorie de 1973 est aujourd'hui prouvée. | Fauxels via Pexels 
La théorie de 1973 est aujourd'hui prouvée. | Fauxels via Pexels 

Ce n’est peut-être pas votre oncle, votre mère ou votre meilleur ami qui vous aidera à changer de travail mais bien cette personne rencontrée au lycée et perdue de vue depuis avec laquelle vous êtes toujours connectée sur LinkedIn.

C’est la force des «liens faibles», une théorie établie par le sociologue Mark Granovetter en 1973 qui compte aujourd’hui 65.000 citations dans divers articles scientifiques. Pour forger sa théorie, le sociologue avait interrogé des personnes en fin de carrière afin de comprendre ce qui leur avait permis d’en arriver là. Il découvrit alors que la plupart avait réussi à faire carrière grâce à la confiance de vagues connaissances ou d’amis d’amis. Selon lui, ce phénomène était lié au fait que les membres de notre cercle proche disposent en réalité des mêmes informations et opportunités que nous –à l’inverse de personnes plus éloignées.

Cependant, le lien de causalité n’avait jamais été scientifiquement établi jusqu’à une nouvelle étude conduite par le scientifique Sinan Aral et publiée dans le magazine Science. Pour ce faire, l’équipe de chercheurs s’est penchée sur le profil de 20 millions d’utilisateurs de LinkedIn pendant 5 années.

En effet, il aurait pu être particulièrement complexe de mener cette étude en divisant ses sujets en deux groupes –l’un avec beaucoup de lien faibles, l’autre moins– puis d'observer leur évolution et ceci alors même que l’application LinkedIn encourage déjà la création de liens faibles en suggérant de se connecter à «ces personnes que vous pourriez connaître». Les chercheurs ont donc comparé les profils des personnes dont l'algorithme LinkedIn leur suggérait de former davantage de «liens faibles» à ceux dont ce n’était pas le cas.

Ainsi, les scientifiques ont pu montrer que les personnes avec davantage de liens faibles étaient plus susceptibles de trouver de nouvelles opportunités d'emploi et évoluaient plus facilement dans leur milieu professionnel.

Par ailleurs, les chercheurs ont découvert que tous les «liens faibles» n'étaient pas équivalents, les plus efficaces seraient ceux avec qui l'on partage une dizaine de connections communes et avec lesquels on échange rarement. L’effet des «liens faibles» serait également plus prépondérant dans certains domaines, en particulier celui des métiers du numérique.

Alors, peut-être que dorénavant, vous ne devriez pas négliger les notifications LinkedIn vous suggérant de vous lier à d'anciennes connaissances si vous cherchez un nouveau travail. Cependant, on lit aussi dans l’article de Scientific American que les connexions les plus fortes ne doivent pas être négligées car ce sont celles qui assurent un véritable soutien social et émotionnel. Par ailleurs, il faudrait pouvoir compléter cette étude en affinant la manière dont est mesuré le succès professionnel de chacun.

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