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La mort d'Elizabeth II ravive les tensions autour du Kohinoor, un diamant de la couronne britannique

Temps de lecture : 2 min

Extraite des mines indiennes, la pierre précieuse trône aujourd'hui fièrement sur la couronne royale. 

La reine Elizabeth II pose en 1977 avec la couronne impériale d'État, sur laquelle de multiples diamants sont incrustés. | AFP
La reine Elizabeth II pose en 1977 avec la couronne impériale d'État, sur laquelle de multiples diamants sont incrustés. | AFP

La mort de la reine Elizabeth II a fait exploser Twitter. Un flot de messages lui rendant hommage s'est déversé sur la toile. Mais au milieu des pleurs, quelques tweets vindicatifs ont aussi fait surface. Des messages venus d'Asie, d'Inde plus précisément, faisant référence au diamant du Kohinoor qui orne la couronne royale.

La pierre précieuse de Kohinoor (également orthographiée Koh-i-Noor) est l'une des plus grandes, mais aussi l'une des plus controversées au monde, note The Independent. Le diamant de plus de 105 carats a été monté sur la couronne royale britannique en 1937 pour la reine Elizabeth Bowes-Lyon, épouse du roi George VI, et est aujourd'hui exposé avec les joyaux de la Couronne britannique à la tour de Londres. Mais son passé trouble attise les tensions quant au réel propriétaire du diamant, et chaque succession royale amène le sujet sur la table en Inde.

De l'Inde à Londres

L'origine exacte du Koh-I Nor –estimé à 400 millions de dollars (environ 393 millions d'euros)– est inconnue. Pour le palais de Buckingham, pas de doute: le diamant a été trouvé dans les mines de Golconda, dans l'État indien du Télangana, au centre-sud du pays, avant d'être remis, sans heurts, à la monarchie britannique dans les années 1850. Un don à la reine Victoria dans le cadre du traité de Lahore, marquant la fin de la première guerre anglo-sikh.

En Inde, le discours est tout autre. Passé entre les mains des Rajputs, des princes moghols, puis des guerriers iraniens, afghans et des maharajas du Punjab, le diamant aurait ensuite été volé par Londres. Aujourd'hui, le #Kohinoor, partagé par des dizaines de milliers d'Indiens, demande le retour de la pierre précieuse sur ses terres, comme un héritage des temps anciens. Le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran sont aussi sur le coup.

Ces réclamations ne datent pas d'hier. En 2016, une ONG avait même mené l'affaire en justice pour contraindre le gouvernement indien à ramener le diamant au bercail. Le représentant du gouvernement avait alors indiqué que la pierre précieuse était bien un «cadeau» fait à la Compagnie des Indes orientales par les anciens dirigeants du Pendjab et qu'il n'avait été «ni volé, ni pris de force», précise The Independent.

La couronne et son diamant de la discorde pourraient très prochainement apparaître sur les écrans, vissés sur la tête de la future reine consort Camilla, l'épouse du nouveau roi Charles III. De quoi relancer le débat, une fois de plus.

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