Sciences / Société

Parler trop, est-ce vraiment un défaut?

Temps de lecture : 2 min

Spoiler: vous taire ne vous rend pas toujours plus agréable.

Ce qu’on appelle «biais de réticence» est une croyance erronée selon laquelle les individus pensent être plus sympathiques quand ils se taisent. | Pavel Danilyuk via Pexels 
Ce qu’on appelle «biais de réticence» est une croyance erronée selon laquelle les individus pensent être plus sympathiques quand ils se taisent. | Pavel Danilyuk via Pexels 

Nombreuses sont les personnes qui souhaitent savoir comment faire bonne impression lors d'une première discussion avec quelqu'un. Pour leur faciliter la tâche, les chercheurs Quinn Hirschi, Timothy Wilson et Daniel Gilbert proposent, dans un article publié dans la revue Personality and Social Psychology Bulletin et relayé par The Conversation, une estimation du temps de parole qu'il conviendrait d'occuper pour rester sympathique.

Les chercheurs appellent «biais de réticence» la croyance selon laquelle les individus pensent être plus agréables quand ils se taisent. Pourtant, rien n'est moins vrai. En effet, dans le cadre d'une étude portant sur 116 participants, les experts ont organisé des rencontres entre différents inconnus qui ont, à cette occasion, gardé la parole durant 30%, 40%, 50%, 60% ou 70% du temps de la conversation. Et ils ont constaté que ceux qui parlaient davantage étaient plus susceptibles d'être appréciés de leurs interlocuteurs.

Ces résultats viennent confirmer ceux d'une enquête précédente, dans laquelle les chercheurs avaient assigné un rôle d'orateur et un autre d'auditeur à un binôme. L'étude a montré qu'après douze minutes de conversation, les auditeurs semblaient avoir davantage apprécié les orateurs que l'inverse, et cela en raison d'une certaine proximité que les seconds créeraient avec leurs interlocuteurs en parlant d'eux.

Parler plus ne veut pas dire
dominer la conversation

Selon les scientifiques, il ne sert par ailleurs à rien de chercher à équilibrer les temps de parole en voulant paraître à la fois agréable et intéressant aux yeux de son interlocuteur qui, en règle générale, ne retient qu'une impression globale après une première discussion.

Toutefois, il ne faut pas chercher à dominer la conversation et écraser la parole de l'autre. En effet, dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs n'ont demandé aux individus de ne parler «que» pendant 70% du temps au maximum. Mais il est possible, et même probable, que prendre toute la place lors d'une conversation –par exemple en parlant 90% du temps– ne soit pas une stratégie optimale.

Cette étude n'est toutefois pas le reflet de discussions naturelles dans lesquelles les gens choisissent d'être dans la position de celui qui parle ou de celui qui écoute. Les recherches futures devront déterminer si les résultats peuvent s'appliquer à des interactions du quotidien.

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