Adobe à l’Opéra national de Paris: au cœur de la «renaissance créative»
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Adobe à l’Opéra national de Paris: au cœur de la «renaissance créative»

Temps de lecture : 7 min
Slate.fr

Entre transmission et innovation, l’éditeur de logiciels dans le domaine de la création et de l’expérience client a dévoilé un nouveau partenariat créatif avec l’Opéra national de Paris. Rencontre avec Simon Morris, Vice-Président du marketing.

Des arts antinomiques et complémentaires

En 1985, la revue Photographies soulignait l’antinomie entre danse et photographie. L’une était selon lui «l’art du mouvement qui se développe dans l’espace et dans le temps, s’évanouissant à peine créé» tandis que la seconde saisissait «un instant hors de la durée pour l’inscrire sur un support.» Presque quarante ans plus tard, les deux arts semblent intrinsèquement liés. La danse, dans toutes ses incarnations, prend encore plus de sens associée à la photographie, jusqu’à devenir «une sorte de portrait en mouvement » d’après la critique de danse Laurence Louppe.

Sans doute l’avènement de l’outil digital a-t-il joué un rôle crucial dans le développement récent de la relation qui lie les deux champs créatifs. L’éditeur de logiciels dans le domaine de la création et de l’expérience client Adobe l’a compris et a imaginé une collaboration inédite avec l'Opéra national de Paris. Avec le concours #LaDanseEnPhoto qui lance ce partenariat annuel, Adobe souhaite rendre «la création artistique, qu’elle soit virtuelle ou physique, accessible au plus grand nombre.»

Mondes parallèles et contenus inédits

Pour Simon Morris, Vice-Président du Marketing EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) et APAC (Asie-Pacifique) d’Adobe, l’association s’est imposée d’elle-même.

Slate:

Voilà quelques années qu’Adobe multiplie les collaborations avec des professionnels des industries créatives. Les profils varient, du musicien et designer français Woodkid aux campagnes inspirées par les peintres Edvard Munch ou Keith Haring, en passant par l’iconoclaste David Bowie… Les partenariats se multiplient également: le festival du film de Sundance, l’opéra de Sydney, le festival OFFF Barcelona. Quelles ont été les retombées et les leçons tirées de ces collaborations ?

Simon Morris:

Chez Adobe, nous vivons pour la créativité et sommes engagés à soutenir la communauté créative et les artistes du monde entier. Chacune des initiatives que vous mentionnez sont nées de nos objectifs premiers: inspirer, créer, et partager.

La créativité ne connait pas de limites, et c’est avec passion que nous nous efforçons d’apporter à la prochaine génération de créatifs le soutien nécessaire au maintien de leur excellence.

Nos campagnes font en sorte de leur permettre de ne pas passer à côté de talents disparus, mais intemporels, tels Keith Haring et David Bowie. Nous voulons souligner la contribution de ceux-ci à la communauté, mais aussi faire en sorte que la nouvelle génération puisse faire l’expérience de leur créativité par eux-mêmes. Par exemple, nous leur ouvrons les portes de l’univers de Bowie en ouvrant, littéralement, celle de sa loge d’artiste et en mettant à leur disposition une multitude d’outils digitaux dont ils peuvent se servir, chacun inspiré du travail de Bowie.

Quant aux événements comme OFFF Barcelona ou Sundance, nous ne nous contentons pas d’y prendre part: ils sont autant de rendez-vous majeurs dans notre calendrier. Chaque édition est l’opportunité de réunir des créatifs issus de diverses catégories, d’écouter les idées qu’ils proposent ou leurs passionnantes histoires. Nous adorons cela!

C’est la raison pour laquelle nous organisons notre propre conférence annuelle, Adobe MAX.Nous sommes très impatients d’accueillir en octobre, pour la première fois, les participants à la fois virtuellement et physiquement, et de mettre ces formidables sessions à disposition, en accès libre et pour tous.

Nine Seropian - Crédit photo: Little Shao

Slate:

Comment la collaboration avec l’Opéra national de Paris a-t-elle été initiée?

Simon Morris:

Ce partenariat s’est construit autour d’une vision commune: rendre la création artistique, qu’elle soit virtuelle ou physique, accessible au plus grand nombre. Adobe s’engage au service de la «Créativité pour tous» et l’Opéra national de Paris s’efforce d’en faire de même, plus particulièrement auprès des jeunes. Rapprocher nos deux organisations nous semblait ainsi évident et naturel. Nous aimons notamment travailler avec eux dans l’optique de partager et célébrer toute forme d’expression artistique, qu’il s’agisse de danse, de photographie, de vidéo ou d’illustration.

Cette collaboration a fait d’Adobe France un «Partenaire de la création numérique»: nous soutenons le financement et le développement de la plateforme de streaming de l’Opéra national de Paris, «L’Opéra chez Soi». Le public, qu’il soit amateur, passionné, ou désireux de découvrir le monde du ballet et de l'Opéra national de Paris, pourra avoir accès en France et dans le monde à des nombreuses captations de spectacles (live ou en catalogue) et à des contenus exclusifs et inédits.

Cette initiative souligne comment la technologie peut mettre la créativité à la portée d’un nombre croissant de personnes, et plus particulièrement des jeunes générations qui seront en mesure de regarder et de partager les vidéos à travers leurs propres réseaux.

De gauche à droite: Nine Seropian, Grégory Dominiak et Amélie Joannidès - Crédit photo: Little Shao

Slate:

La danse a joué un rôle historique dans le développement de techniques comme la photographie et le film. De quelle façon aimeriez-vous voir cette collaboration s’inscrire dans la continuité de cette relation?

Simon Morris:

Danse et photographie sont deux disciplines bien distinctes, mais il est vrai qu’elles sont intimement mêlées dans l’art, puisque la photographie capture à la fois le mouvement et le moment. De la même manière qu’il existe différents styles de danse, il existe de nombreuses façons de photographier – et c’est là, précisément, que ces deux arts se rencontrent. Chaque danseur, chaque photographe est unique.

Notre mission est d’accompagner ces artistes dans leur processus créatif au quotidien et de mettre à leur disposition les solutions (comme Lightroom et Photoshop) qui les aideront à développer leurs propres talents et compétences, et à peaufiner ainsi leur propre signature.

La mission du photographe est de capturer le mouvement du danseur, et celle du danseur d’être capable de partager et de transmettre l’émotion à travers ses mouvements. C’est une relation fondée sur la confiance – l’un doit rendre l’émotion visible, l’autre la figer pour l’éternité. C’est un équilibre délicat que Little Shao, notre photographe ambassadeur pour cette collaboration, maîtrise parfaitement. A la fois danseur professionnel et photographe, son travail dans le domaine de la danse urbaine est particulièrement apprécié. Les danseurs de l’Opéra national de Paris, mais aussi Beyoncé, Madonna ou Justin Timberlake sont passés devant son objectif.

Pour soutenir les photographes amateurs comme professionnels et assurer la pérennité de cette relation si particulière entre danse et photographie, nous avons lancé le concours #ladanseenphoto au début du mois de juillet, invitant les photographes à partager leurs plus belles photos. Les photographes sélectionnés auront la possibilité de passer un moment exclusif avec Little Shao et les quatre danseurs du Ballet de l’Opéra, dans les espaces du Palais Garnier, pour approfondir leurs techniques de prise de vue en mouvement. Les gagnants poursuivront l’aventure avec un workshop Lightroom à l’Opéra Bastille pour retoucher leurs photos et bénéficier des conseils d’experts Adobe.

Les œuvres des lauréats seront à découvrir sur la page Instagram d’Adobe.

Slate:

La collaboration mêle intimement photographie et danse. Adobe ambitionne-t-il une forme d’abolition des frontières entre les champs d’expression créative de natures variées?

Simon Morris:

Comme nous venons de l’expliquer, même si les origines ou la nature de ces deux arts diffèrent, ils sont complémentaires dans leur pratique. Adobe et l’Opéra national de Paris ont fait vision commune pour cette collaboration: rendre la création artistique, virtuelle ou physique, accessible à tous. Nos solutions favorisent les rapprochements et rendent la collaboration aisée. Ces deux mondes évoluent en parallèle, mais pas forcément séparément.

Chaque génération apporte son lot d’évolutions, et il en va de même de la pratique artistique comme le prouve l’Opéra national de Paris. Parler aux nouvelles générations d’artistes nous tient à cœur, car il est essential de partager et d’assurer la transmission de l’héritage laissé par les générations précédentes.

Nos solutions, elles aussi, évoluent en fonction des besoins et attentes de la communauté créative internationale. Nous pensons que tout le monde devrait avoir la possibilité de s’exprimer, de partager sa vision du monde et d’être libre de créer sans connaître de limites.

C’est une notion fondamentale partagée par l’Opéra national de Paris. La pratique de la danse évolue au fil du temps, et il est d’autant plus important de s’assurer que son riche héritage est transmis.

Amélie Joannidès - Crédit photo: Little Shao

Slate:

Les deux dernières années ont mis en lumière l’importance cruciale de la créativité dans nos vies privées comme professionnelles. Comment Adobe encourage-t-il et soutient-il l’éveil et le développement créatifs des générations futures ?

Simon Morris:

Tout le monde possède une histoire à raconter, ainsi que le droit de s’exprimer et de raconter cette histoire par le biais créatif de son choix. Plus les perspectives sont nombreuses, plus le monde devient vibrant! C’est la raison pour laquelle nous nous engageons à rendre possible cette «Créativité pour tous», à donner le pouvoir aux utilisateurs n’importe où dans le monde. Nos outils apportent inspiration et accompagnement nécessaires pour mettre en forme cette histoire et la partager avec le reste du monde.

L’année écoulée nous a prouvé qu’en des temps incertains les gens se tournent vers l’expression créative pour apprendre, gérer les coups durs et imprimer leur marque. Adobe et ses solutions sont au centre de cette renaissance créative et donnent le pouvoir à des millions de nouveaux utilisateurs de toutes origines, les encourageant à raconter leur histoire. Le monde a besoin d’entendre des voix différentes partager leur expérience, afin de voir et de comprendre le plus grand nombre de perspectives et de cultures.

L’une de ces voix est celle de la prochaine génération de créateurs, dont la vision du monde est aussi très différente de celle que possèdent, disons, nos «artistes établis». Les jeunes sont aujourd’hui très connectés et ont besoin de solutions créatives flexibles, simples et collaboratives - et ce sur un plan personnel comme professionnel. C’est précisément cela que nous leur proposons, avec nos nombreuses mises à jour et nouvelles applications.

Par exemple, Adobe Express accompagne les créateurs dans le développement de contenu pour les réseaux sociaux, comme nos emblématiques applications Photoshop et Lightroom, en perpétuelle évolution pour permettre à leurs utilisateurs d’exploiter pleinement leur potentiel. Sans oublier Substance 3D, qui envisage le futur de la réalité augmentée (RA) et de la réalité virtuelle (RV) et offre un espace créatif idéal pour développer la technique 3D et les expériences immersives. Nous sommes persuadés que ces techniques sont celles du futur - une certitude confortée par l’émergence du métavers et du Web 3.0.

Photo d'illustration: Amélie Joannidès - Crédit photo: Little Shao

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