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La Nouvelle-Zélande préfère les voyageurs fortunés aux touristes à sac à dos

Temps de lecture : 2 min

Les backpackers bientôt bannis du pays?

Jusqu'ici, aucune étude n'est venue démontrer que les personnes plus riches contribuent davantage à l'économie du pays. | Tyler Lastovich via Pexels 
Jusqu'ici, aucune étude n'est venue démontrer que les personnes plus riches contribuent davantage à l'économie du pays. | Tyler Lastovich via Pexels 

Les directives du ministre néo-zéolandais du Tourisme, Stuart Nash, sont claires: il faut dorloter «sans honte» les voyageurs fortunés plutôt que ceux qui sillonnent le pays avec le minimum. À l'occasion de la réouverture des frontières, le ministre exprime une nouvelle fois son aversion pour les touristes à petit budget, rapporte The Guardian.

Mercredi dernier, Stuart Nash détaillait les indications à suivre pour reconstruire l'industrie touristique du pays, mise à l'arrêt à cause du Covid-19. Avant la pandémie, le tourisme international représentait une part importante de l'économie de la Nouvelle-Zélande, soit 9,3% de son PIB.

«Aujourd'hui, le secteur touristique doit se concentrer principalement sur les visiteurs qui dépensent beaucoup d'argent», indique-t-il. «L'offre touristique ne doit pas être tournée vers des individus qui voyagent dans le pays avec 10 dollars par jour et des nouilles instantanées en guise de repas», ajoute-t-il.

Toutefois, questionne The Guardian, les backpackers –petit nom donné aux personnes qui bourlinguent de façon autonome et avec un petit budget– sont-ils moins précieux pour la Nouvelle-Zélande que ceux qui ont plus d'argent?

Mauvais choix politique?

La politique touristique de Stuart Nash, centrée autour des voyageurs aisés, a déjà été contestée par le passé. En 2020, le ministre disait vouloir attirer uniquement les touristes qui «volent en classe affaire, louent des hélicoptères pour faire le tour du glacier François-Joseph et dînent dans des restaurants étoilés». Considéré comme «snob, élitiste et déconnecté de la réalité», il n'a pas tardé à s'attirer les foudres des voyageurs.

Jusqu'ici, aucune étude n'est venue démontrer que les personnes plus riches contribuent davantage à l'économie du pays, indique un professeur de tourisme à l'université d'Otago, James Higham. «Je n'ai trouvé aucune preuve permettant d'affirmer cela», précise ce dernier. Bien au contraire, les riches ont tendance à voyager «plus loin, plus vite, et à rester peu, pour finalement dépenser moins d'argent». Par exemple, les touristes aisés qui voyagent sur des bateaux de croisière constituent 9% des visiteurs du pays mais représentent seulement 3% des dépenses apportées par le tourisme.

En revanche, les touristes à faible revenu, comme les étudiants et les routards, sont susceptibles de rester plus longtemps sur le territoire, donc de cumuler ainsi des dépenses contribuant davantage aux finances du pays.

Par ailleurs, «les voyageurs fortunés laissent une empreinte carbone bien plus néfaste pour notre pays que les backpakers», poursuit James Higham. «Ils effectuent des voyages réguliers à forte teneur en carbone, qui sont particulièrement mauvais pour des destinations lointaines comme la Nouvelle-Zélande.»

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