Santé / Sciences

Les hommes sont plus exposés au cancer que les femmes en raison de différences biologiques

Temps de lecture : 2 min

Une découverte scientifique vient remettre en cause l'influence majeure du mode de vie dans le développement de la maladie, et penche davantage pour les particularités des sexes.

Les hormones stéroïdiennes peuvent favoriser le cancer de la peau et du foie chez l’homme. | PDPics via Pixabay
Les hormones stéroïdiennes peuvent favoriser le cancer de la peau et du foie chez l’homme. | PDPics via Pixabay

Voilà des décennies que la médecine considère les hommes comme davantage susceptibles de développer un cancer que les femmes. Jusqu'ici, leur mode de vie, généralement jugé plus dangereux que celui des femmes, expliquait cette différence entre les sexes.

Mais aujourd'hui, les femmes adoptent des comportements similaires sans être pour autant plus sujettes au cancer. Des chercheurs ont tenté d'y trouver une explication, rapporte un article de New Atlas.

En 2016, une étude menée par des équipes de Harvard et du MIT émettait une première alerte à la suite de la découverte de facteurs biologiques spécifiques à l'homme et à la femme dans la survenue des cancers. Une nouvelle étude, publiée le 8 août dans la revue Cancer et portant sur l'analyse de près de 300.000 dossiers médicaux, confirme cette hypothèse.

Les scientifiques ont étudié le risque d'apparition de vingt-et-une tumeurs malignes dans des parties du corps communes aux deux sexes. «Nous avons porté une attention particulière à plusieurs facteurs: les comportements à risque (tabagisme et consommation d'alcool), les caractéristiques anthropométriques (indice de masse corporelle et taille), les facteurs liés au mode de vie (activité physique, alimentation, prise de médicaments), ainsi que les antécédents médicaux et familiaux», énumèrent-ils.

«Le facteur environnemental ne peut être la raison principale»

Certes, leurs résultats indiquent ce que la science savait déjà: les hommes sont largement plus exposés aux cancers, tous types confondus, que les femmes. Le risque de développer la maladie est ainsi plus élevé chez les femmes que chez les hommes pour seulement deux types de cancer –celui de la thyroïde et celui de la vésicule biliaire. Tous les autres cancers communs aux deux sexes frappent davantage les hommes.

Mais ces travaux ont surtout le mérite de mettre en évidence la responsabilité de divers facteurs dans la survenue du cancer, puisque les facteurs non biologiques (ou environnementaux, liés au mode de vie) expliqueraient seulement de 11% à 50% (en fonction du type de cancer) de l'augmentation du risque de développer la maladie chez les hommes. Ils ne seraient par exemple responsables que de 10% environ de l'augmentation du risque de voir apparaître un cancer de l'œsophage –autrement dit, l'augmentation de ce risque est à près de 90% liée à des facteurs biologiques.

«Le facteur environnemental ne peut être la raison principale des différences d'incidence de cancer entre les deux sexes, en conclut Sarah Jackson, autrice principale de la nouvelle étude. Il existe des différences biologiques inhérentes aux hommes et aux femmes qui influencent fortement le risque de développement du cancer.»

À ce stade de la recherche, les scientifiques ne peuvent émettre que des hypothèses sur la nature exacte de tous ces mécanismes –d'autant plus qu'ils varient selon le type de cancer.

Les hormones stéroïdiennes, chez les hommes, en sont un: le niveau élevé de testostérone est connu pour être lié aux cancers de la peau et du foie. De l'autre côté, chez les femmes, la progestérone et les œstrogènes sont associés à des taux de cancer du côlon plus faibles.

De manière générale, note New Atlas, la science tend à considérer de plus en plus les différences biologiques qu'il existe entre les sexes. Il était temps: les nombreux problèmes qu'entraîne la sous-représentation des femmes dans les essais cliniques ont été soulignés à plusieurs reprises au cours des dernières années.

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