Santé

Le cerveau humain ne devrait pas être éveillé après minuit

Temps de lecture : 2 min

Au milieu de la nuit, le monde peut parfois sembler terrifiant. Les pensées négatives sont omniprésentes et votre esprit tente de leur résister, tel Ulysse face aux sirènes.

Un éveil nocturne prolongé constitue un important facteur de risque de suicide. | Alex Fu via Pexels
Un éveil nocturne prolongé constitue un important facteur de risque de suicide. | Alex Fu via Pexels

Après minuit, le cerveau fonctionne différemment. Selon les derniers travaux scientifiques dont ScienceAlert se fait l'écho, le rythme circadien (défini par l'alternance entre sommeil et éveil) de l'individu serait étroitement lié à ces changements fonctionnels.

D'après l'étude parue en mars 2022 dans la revue Frontiers, le fait que nos cycles d'activité durent naturellement vingt-quatre heures a des conséquences sur la façon dont nos émotions et notre comportement sont affectés au fil des heures. Par exemple, pendant la journée, les niveaux moléculaires et l'activité cérébrale s'adaptent à l'éveil. En revanche, la nuit, notre comportement habituel est de dormir. En tout cas en théorie.

D'un point de vue évolutionniste, cela a du sens. Nos lointains ancêtres chassaient et cueillaient beaucoup plus efficacement pendant la journée. A contrario, la nuit est toujours plus propice au repos, ce qui fait que les humains sont davantage susceptibles de devenir des proies pendant cette période. Ainsi, notre rapport aux stimuli négatifs est exceptionnellement élevé la nuit.

Bien que cela nous ait autrefois aidés à faire face à des menaces invisibles, cette concentration excessive sur le négatif peut avoir des conséquences néfastes sur des personnes particulièrement sujettes à des comportements à risque.

Un facteur de risque de suicide

«Il y a des millions de personnes éveillées au milieu de la nuit, et on dispose d'éléments assez solides prouvant que leur cerveau ne fonctionne pas aussi bien que pendant la journée», déclare Elizabeth Klerman, neurologue à l'Université Harvard. «Il faut pousser la recherche sur cette question: le manque de sommeil affecte considérablement leur santé et sécurité», ajoute-t-elle.

Une étude datant de 2020, et remise en avant par ScienceAlert, avait d'ailleurs conclu qu'un éveil nocturne prolongé constituait un important facteur de risque de suicide, en raison d'un mauvais alignement des rythmes circadiens. «Le suicide, jusque-là inconcevable [pour certaines de ces personnes], finit par se présenter comme une façon d'échapper à la solitude et à la souffrance», résume l'équipe à l'origine de l'étude de 2022.

Aucune recherche scientifique n'a pour l'instant démontré un quelconque impact du manque de sommeil et des perturbations du rythme circadien sur notre système de récompense, indispensable à notre survie, note-t-elle par ailleurs. Comment, par exemple, s'en accommodent les pilotes de ligne ou les médecins de garde? La connaissance que l'on a du cerveau humain est encore loin d'être totale; qu'il soit endormi ou éveillé après minuit, il reste auréolé de mystère.

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