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Un petit-fils a exaucé le dernier vœu de sa grand-mère: installer un pénis géant sur sa tombe

Temps de lecture : 3 min

Catarina Orduña Pérez, une Mexicaine de 99 ans, avait une affection toute particulière pour les verges. Mais pas au sens où on l'entend.

Catarina Orduña Pérez était connue pour être une femme «très avant-gardiste», a raconté son petit-fils. | Capture d'écran Twitter de Nathaniel Janowitz
Catarina Orduña Pérez était connue pour être une femme «très avant-gardiste», a raconté son petit-fils. | Capture d'écran Twitter de Nathaniel Janowitz

Catarina Orduña Pérez, une Mexicaine de 99 ans, avait un dernier souhait de mourir. En tant que femme «très avant-gardiste», comme l'explique son petit-fils à VICE, son désir était d'avoir un pénis et des testicules géants installés au sommet de sa tombe.

Son petit-fils a exaucé son vœu. La statue a été installée en signe de «reconnaissance de son amour et de sa joie de vivre» le 23 juillet, dans un cimetière au Mexique. Mesurant 1,5 mètres de haut, elle pèse 600 pounds, soit près de 300 kilos.

Doña Cata, comme la surnommait affectueusement les habitants de la petite ville de Misantla, dans l'État mexicain de Veracruz, avait une affinité particulière pour les verges. Mais pas au sens où on l'entend.

Dans l'argot mexicain, le mot «verga» (que l'on peut traduire par «verge») a deux utilisations. Selon la façon dont il est formulé, il peut être utilisé comme une insulte, permettant de dire à quelqu'un d'aller se faire foutre («vete a la verga») ou qu'il ne vaut pas plus qu'un pénis, c'est-à-dire qu'il ne vaut rien («vales verga»).

Mais «verga» peut être aussi utilisé comme un compliment et un signe d'honneur. Une personne «verga», c'est une personne cool, un dur à cuire. Doña Cata utilisait souvent cette expression pour se référer avec fierté aux membres de sa famille: «Elle a toujours dit, au sens mexicain, que nous étions “vergas”, a expliqué le petit-fils Álvaro Mota Limón. Ça symbolise l'intégrité, le courage, la passion et en même temps, l'amour et la joie.»

Sa grand-mère a inculqué le message à ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants qu'ils étaient «vergas», c'est-à-dire qu'ils pouvaient accomplir tout ce qu'ils souhaitaient. Elle insistait particulièrement pour les femmes de la famille, le Mexique étant un pays marqué par le machisme.

Douze personnes pour construire la statue

Doña Cata avait grandi elle-même dans la pauvreté et n'était pas allée à l'école lorsqu'elle était enfant. Elle était finalement devenue un membre influent de sa ville natale grâce à sa détermination et à un travail acharné.

Elle avait évoqué l'idée de la statue en forme de pénis plusieurs fois avant de mourir avec les membres de sa famille et les habitants de Misantla, sans que sa demande soit vraiment prise au sérieux.

Quelque temps avant son décès, son petit-fils Álvaro Mota Limón lui en a reparlé, plus sérieusement cette fois. «Elle m'a dit que c'était son désir pour que personne ne l'oublie et que nous puissions nous souvenir plus facilement de tout ce que nous aimions chez elle», a-t-il raconté.

Après la mort de Doña Cata, le 20 janvier 2021, la famille a contacté un fabriquant de produits en plastique de la ville. «Au début, j'ai cru que c'était une blague, a reconnu Isidro Lavoignet, le créateur de la statue. Ce n'est pas très courant de voir ce genre de sculptures ou de monuments, et encore moins dans la mémoire d'un défunt.» Il a fallu que Álvaro Mota Limón insiste plusieurs fois pour qu'il comprenne que sa demande était tout à fait sérieuse.

Une équipe de douze personne, dont un menuisier, un ponceur et un sculpteur a alors été réquisitionnée. Une première tentative s'est soldée par un échec. Ils ont dû recommencer le processus de fusion des matériaux pour que «les testicules puissent se former» correctement. Après un mois de travail acharné, la statue a finalement vu le jour et a été inaugurée le 23 juillet.

Sans surprise, le pénis et les testicules géants qui trônent sur la tombe de Doña Cata ne fait pas l'unanimité à Misantla. «Sur dix personnes, je pense qu'environ sept voient (la statue) positivement. Même s'ils ne la voient pas comme une bonne chose, ils respectent au moins (les souhaits de Doña Cata)», a déclaré Álvaro Mota Limón. «Il y en a d'autres qui, engoncés dans leurs valeurs conservatrices, la voient de manière négative.»

Mais la famille s'est de toute manière préparée à faire face à «l'assaut des critiques». En bons «vergas» qu'ils sont.

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