Société / Culture

Comment la clé de la Bastille s'est-elle retrouvée aux États-Unis?

Temps de lecture : 2 min

La clé de la Bastille, dérobée le 14 juillet 1789 au début de la révolution française, est aujourd'hui à Mont Vernon, en Virginie.

La clé est longue de 18 centimètres est lourde de près d'un kilo et demi. | Capture d'écran Youtube via George Washington's Mount Vernon
 
La clé est longue de 18 centimètres est lourde de près d'un kilo et demi. | Capture d'écran Youtube via George Washington's Mount Vernon  

Le 14 juillet 1789, une foule d'émeutiers prenait d'assaut la forteresse parisienne de la Bastille, sonnant ainsi le glas de la monarchie absolue de droit divin en France. Aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose de ce bâtiment historique, tant les 800 travailleurs qui s'activèrent quotidiennement jusqu'en 1791 l'ont méticuleusement détruite, pierre par pierre. Si la Bastille a bel et bien disparu, un élément phare de l'édifice a traversé les âges: sa clé!

Étrangement, vous ne la trouverez pas en France... mais aux États-Unis. L'objet est en effet précieusement gardé dans le domaine historique de George Washington à Mont Vernon, en Virginie, non loin de la capitale du pays. ​Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avant de se retrouver accrochée au mur de la demeure du 1er Président des États-Unis, l'imposante clé -longue de 18 centimètres est lourde de près d'un kilo et demi- a fait du chemin. ​

Un voyage non sans Paine

Non, ce n'est pas le Passe-Partout du XVIIIème siècle qui l'a chapardé en douce. Juste après la prise de la Bastille, les révolutionnaires ont remis la fameuse clé de leur plein gré au chef de la garde nationale de Paris: le célèbre marquis de Lafayette. Ce dernier, qui avait passé un bon bout de temps aux États-Unis plus jeune et qui avait été l'un des principaux protagonistes dans leur guerre d'indépendance contre la Grande-Bretagne, décida d'envoyer le précieux objet à son vieil ami George Washington.

Faire la révolution, ça remplit pas mal son agenda, et Lafayette ne pouvait pas se permettre de se déplacer en personne pour remettre cette clé. Il la confia ainsi à un certain Thomas Paine, connu comme étant l'auteur du pamphlet révolutionnaire américain Common Sense, rapporte le Washington Post. Ce dernier, de voyage en Europe, devait rentrer sous peu en Amérique.

Malheureusement, la date de son départ ne fit que reculer et il décida finalement de confier la clé à John Rutledge Jr, un avocat de Caroline du Sud fraîchement arrivé de Londres. C'est ce dernier qui livra à bon port la marchandise, qui passera un temps à New York -ancienne capitale-, puis à Philadelphie, avant de terminer son long voyage à Mont Vernon.

Le marquis de Lafayette envoya également une lettre à Washington, accompagnée de dessin des ruines de la Bastille fait par l'architecte français qui a supervisé sa démolition. «Permettez-moi, mon cher général, de vous présenter une image de la Bastille telle qu'elle était quelques jours après que j'en ai ordonné la démolition, avec la clé principale de cette forteresse du despotisme - c'est un hommage que je dois en tant que Fils à mon père adoptif, aide de camp à mon général, missionnaire de la liberté à son patriarche», a t-il notamment écrit. En retour, Washington lui écrivit une lettre de remerciements, accompagnée elle aussi d'un présent: une paire de boucles de chaussures. Ça en jette un peu moins.

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