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En escale aux États-Unis, une Australienne interrogée sur son rapport à l'avortement

Temps de lecture : 2 min

Depuis quelques mois, les témoignages de mauvais traitements aux douanes américaines se répètent.

Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a déclaré «regretter tout inconvénient ou désagrément». | Patrick T. Fallon / AFP
Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a déclaré «regretter tout inconvénient ou désagrément». | Patrick T. Fallon / AFP

«Avez-vous récemment eu recours à un avortement Voici l'une des nombreuses questions posées à Madolline Gourley, une Australienne originaire de Brisbane, lors d'une escale à Los Angeles le 30 juin dernier. La jeune femme avait pour objectif initial de rejoindre le Canada «pour garder la maison et le chat d'une personne en échange d'un logement pendant les vacances», nous raconte le Guardian. Mais pour les agents de la douane américaine, les motivations de la jeune femme étaient apparement suspectes.

Selon le journal britannique, Gourley a donc «été placée dans une salle de détention, interrogée deux fois, fouillée par palpation, ses empreintes digitales ont été relevées et elle a été photographiée». Mais ce n'est pas tout. À deux reprises lors de son interrogatoire, des agents lui ont demandé si elle était enceinte, soi-disant parce qu'elle portait une robe ample.

«J'ai dit que non, relate Gourley. [L'agent] m'a regardée à nouveau et a dit: “Avez-vous récemment subi un avortement?” Je ne sais pas vraiment quel était le processus de réflexion derrière cette question... Je me suis juste dit: “Quelle est la pertinence de cela par rapport à ma situation?”»

À sa grande surprise, la jeune femme a été informée qu'elle ne serait pas autorisée à pénétrer sur le territoire américain, et qu'elle serait expulsée sur le prochain vol de retour vers Brisbane. En cause? Elle aurait «enfreint les conditions du programme d'exemption de visa, qui s'applique aux citoyens d'Australie et de nombreux autres pays effectuant de courts séjours aux États-Unis pour affaires ou tourisme, mais pas pour un emploi régulier», indique le Guardian.

Un incident non isolé

D'après un porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, ce type de programme d'exemption de visa interdit en effet aux candidats «de s'engager dans tout type d'emploi ou d'obtenir une rémunération pour des services rendus».

Interrogé sur le traitement de la jeune femme par les douaniers, le même service a toutefois déclaré «regretter tout inconvénient ou désagrément. [...] Nous prenons au sérieux les allégations de comportement non professionnel. [...] Si nous confirmons l'inconduite d'un employé, nous prendrons des mesures fermes et appropriées pour corriger la situation.»

Comme le souligne le Guardian, Gourley est loin d'être la seule à avoir passé un mauvais moment lors d'une escale aux États-Unis en direction d'un pays voisin. Le mois dernier, un étudiant australien répondant au nom de Jack Dunn n'avait pas pu entrer sur le territoire américain. Il avait été détenu pendant près de trente heures sans avoir la possibilité de contacter ses proches.

Selon les autorités américaines, il aurait enfreint une règle peu connue «exigeant que les personnes entrant dans le cadre d'une exemption de visa aient réservé un vol de retour ou un voyage ultérieur vers un pays n'ayant pas de frontière avec les États-Unis».

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