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Salt Lake City voit son Grand Lac Salé disparaître

Temps de lecture : 2 min

Sa surface a atteint son niveau le plus bas depuis les premières mesures en 1875.

Même les crevettes ne pourront plus s'y baigner. | Ellen26 via Pixabay
Même les crevettes ne pourront plus s'y baigner. | Ellen26 via Pixabay

Alors qu'une grande vague de sécheresse frappe la côte sud-ouest des États-Unis, l'Utah craint la disparition de son Grand Lac Salé, rapporte l'agence de presse Bloomberg. Les eaux rosées et salées qui engloutissaient autrefois le bassin (d'une superficie avoisinant le million d'hectares) sont devenues invisibles. «Avant, je le voyais s'étendre de l'autre côté de la rive. Aujourd'hui, je le vois disparaître», déplore Ella Sorensen, directrice du Gillmor Sanctuary, une réserve naturelle.

Cette semaine, la surface du Grand Lac Salé a atteint son niveau le plus bas depuis les premières mesures, qui datent de 1875. En juillet 2021, l'US Geological Survey indiquait que le lac avait déjà perdu plus de 44% de sa surface. Sa disparition pourrait avoir de lourdes conséquences dans la région. Il représente la plus grande masse d'eau des États-Unis après la région des Grands Lacs. Il constitue aussi un élément essentiel de l'écosystème régional lié à l'eau potable, à la qualité de l'air, à la biodiversité et au tourisme.

«Pendant trop longtemps, sa valeur a été négligée et sous-estimée», déclare un habitant de Salt Lake City. Sans cette étendue d'eau, l'économie locale est en effet mise en difficulté. En 2019, un rapport commandé par le Conseil consultatif de la ville montrait que le faible niveau du lac pourrait entraîner des pertes allant jusqu'à 2,17 milliards de dollars par an. Cela s'explique par le déclin de l'extraction minérale, de l'industrie de la crevette et de celle du tourisme.

L'Utah sur la voie de la sécheresse

Le plus alarmant est peut-être que la ville Salt Lake City n'aura bientôt plus assez d'eau pour subvenir aux besoins de sa population : la demande devrait dépasser l'offre en 2040. L'Utah est l'État américain qui connaît la croissance démographique la plus rapide. La population de la capitale régionale devrait augmenter de près de 50% d'ici 2060, soit 2,2 millions de personnes supplémentaires. La disparition de son lac participera à la réduction de l'approvisionnement en eau. Jusqu'ici, le Grand Lac Salé fournit 8 % des précipitations sur les chaînes de montagnes environnantes qui ont la capacité d'alimenter les rivières de la région.

Une partie du problème s'expliquerait par les politiques publiques menées par la ville au sujet de la consommation d'eau. Selon un audit de l'État paru en 2015, la région de l'Utah est la plus grande consommatrice d'eau des États-Unis avec plus de 750 litres par habitant.

Selon Laura Briefer, directrice du département des services publics de Salt Lake City, la ville réagit tardivement en adoptant un ensemble de politiques et de pratiques plus axées sur la conservation. Dans cette lignée, les législateurs de l'Utah ont adopté en février un projet de loi afin d'augmenter ou de maintenir le débit d'eau dans le Grand Lac Salé et d'en préserver ses zones humides.

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