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Des modifications corporelles valent à son auteur dix ans de prison pour homicide et mutilation génitale

Temps de lecture : 2 min

Pour le juge chargé de l'affaire, la «négligence grave» de l'homme a causé le décès d'une de ses clientes des suites d'une septicémie.

L'homme n'était pas enregistré en tant que praticien de santé. | Felipe Tofani via Flickr
L'homme n'était pas enregistré en tant que praticien de santé. | Felipe Tofani via Flickr

Tout d'abord, qu'est-ce que le «BodMod», ou body modification? En français, ce terme se traduit par «modification corporelle», et en voici la définition donnée par l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes: «Il s'agit de modification artificielle du corps consistant principalement en des implantations sous-épidermiques, des coupures de langues (tongue split) ou des scarifications.»

Cette pratique qui se veut principalement artistique comporte toutefois de nombreux risques, à savoir de possibles hémorragies ou des infections sérieuses pouvant, dans de rares cas, être fatales. En Australie, c'est malheureusement ce pour quoi un «BodMod artist» répondant au nom de Brendan Leigh Russell a écopé de dix ans d'emprisonnement. Ce dernier a été reconnu coupable «d'homicide involontaire, de mutilation génitale féminine et d'avoir causé intentionnellement des lésions corporelles graves», rapporte Vice.

Ces accusations remontent à des opérations pratiquées par l'artiste sur trois femmes entre 2015 et 2017. L'une d'entre elles était décédée des suites d'une septicémie après qu'un implant en silicone inséré dans sa main droite s'est infecté. Brendan Leigh Russell l'avait alors déconseillée de consulter un médecin.

À la suite d'une ablation des lèvres génitales, une autre cliente aurait «ressenti une telle douleur qu'elle était incapable de porter des sous-vêtements ou d'utiliser des tampons» pendant près d'un an.

Enfin, une troisième femme se serait vu retirer ce que le juge a décrit comme une «grosse portion de graisse» de son abdomen. La cliente aurait par la suite ressenti une douleur aiguë, probablement causée par une perforation de sa paroi abdominale.

Sans scrupules

«Le bon sens suggère que n'importe qui comprendrait que couper un grand morceau de chair du corps d'une personne est dangereux», commente le juge chargé de l'affaire dans les colones de ABC News. «Il n'y a aucune preuve que l'accusé pensait le contraire.»

Le tribunal australien a par ailleurs souligné que Brendan Leigh Russell «n'était pas enregistré en tant que praticien de santé», et qu'il n'avait donc pas à pratiquer des interventions de ce type.

Concernant la cliente décédée des suites de son infection à la main, le tribunal a suggéré que cela aurait pu être évité. «Si elle avait eu un avis médical urgent, même à ce moment-là, elle aurait eu de bonnes chances de survie, d'après le juge. Il ne se préoccupait pas du bien-être de sa cliente mais de lui-même, de sa réputation et de son entreprise.»

Le juge a aussi estimé que dans les trois cas, les procédures d'hygiène adéquates n'avaient pas été respectées et que les actions de Russell «ont fait l'objet d'une négligence grave du début à la fin». Ce dernier n'aurait d'ailleurs exprimé aucun remords pour ses actes.

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