Santé

Des chercheurs ont peut-être trouvé les origines du Covid long

Temps de lecture : 2 min

Des réservoirs de virus cachés dans le corps pourraient expliquer que certaines personnes infectées au Covid-19 continuent d'en ressentir les symptômes longtemps après.

De plus en plus d'études scientifiques soutiennent l’idée que des réservoirs persistants de Covid-19 peuvent rester dans le corps de certaines personnes. | CDC via Unsplash
De plus en plus d'études scientifiques soutiennent l’idée que des réservoirs persistants de Covid-19 peuvent rester dans le corps de certaines personnes. | CDC via Unsplash

C'est un mal qui touche entre 5% et 15% des personnes ayant contracté le Covid-19 mais dont l'origine et les caractéristiques sont encore mal comprises. Le Covid long peut impacter considérablement la qualité de vie de personnes qui continuent de souffrir de certains symptômes plusieurs semaines, voire plusieurs mois après leur infection au Covid-19. Parce qu'elles sont encore peu étudiées et peu documentées, ces séquelles peuvent passer aux yeux d'une partie du corps médical pour des symptômes psychosomatiques.

Or, comme l'explique un article du Guardian, il existe de plus en plus de preuves scientifiques pour soutenir l'idée que des réservoirs persistants de Covid-19 dans le corps de certaines personnes pourraient expliquer qu'elles développent des symptômes sur le long terme.

Une équipe de chercheurs de la Harvard Medical School a annoncé en juin avoir détecté des protéines SARS-CoV-2 dans le sang de 65% de patients qui déclaraient continuer à souffrir de symptômes du Covid-19, jusqu'à 12 mois après leur premier diagnostic.

Or, «la protéine de pointe virale a une courte durée de vie dans le corps. Sa présence indique donc qu'il doit y avoir une sorte de réservoir viral actif», a expliqué le professeur David R. Walt. «Je ne vois pas personnellement de mécanisme par lequel la protéine de pointe pourrait persister pendant de longues périodes sans que le virus [soit présent]», a renchérit le Dr Amy Proal, microbiologiste à la PolyBio Research Foundation. En outre, la protéine n'a pas été détectée dans le sang des patients qui ne présentaient plus de symptômes.

Pour ses recherches, le professeur s'est également appuyé sur des études antérieures réalisées par ses collègues de la Harvard Medical School sur des enfants atteints du syndrome inflammatoire multi-systémique, une maladie rare mais grave qui peut frapper les jeunes personnes quatre semaines après l'infection au Covid-19.

Ces enfants ont été traités avec un médicament qui réduisait la perméabilité intestinale, ce qui a entraîné chez eux une élimination rapide de la protéine de pointe et une amélioration de leurs symptômes. L'hypothèse de l'équipe scientifique est que quelque chose de similaire puisse se produire chez les personnes souffrant de symptômes du Covid long.

Persistance du virus

D'autres groupes de recherches ont également trouvé des preuves que le virus continuait d'être présent chez des patients qui ne sont pourtant plus positifs au Covid-19. On appelle cela la «persistance virale».

En avril la médecin-chercheuse Ami Bhattune et son équipe de l'Université de Stanford ont rapporté qu'environ 13% de ces individus excrétaient encore de l'ARN viral dans leurs selles quatre mois après avoir été infectés au Covid-19, et que près de 4% continuaient de le faire sept mois après. Ces personnes ont également souvent signalé des symptômes gastro-intestinaux persistants tels que des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales. «La question est de savoir si la présence persistance du virus dans l'intestin ou ailleurs dans le corps peut, en quelque sorte, chatouiller le système immunitaire et provoquer des symptômes durables», a expliqué la chercheuse.

Une autre équipe de recherche, qui a analysé les tissus intestinaux de 46 personnes atteintes d'une maladie inflammatoire de l'intestin et qui avaient été infectées au Covid-19, a révélé que l'ARN viral ou les protéines étaient encore détectables chez 70% d'entre eux sept mois plus tard. Environ les deux tiers de ces personnes ont signalé des symptômes persistants, tels que de la fatigue ou des problèmes de mémoire. Celles dont le virus avait disparu de leur corps n'ont déclaré aucun symptôme.

Malgré ces différents travaux scientifiques, le Guardian précise qu'il n'existe pas encore de preuve définitive que les réservoirs viraux contribuent au Covid long, et que d'autres études devront être réalisées avant de parvenir à cette conclusion. Ils ont néanmoins le mérite de faire avancer la recherche sur un sujet qui touche des milliers de personnes et qui sont encore aujourd'hui dans le flou le plus total.

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