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Au Texas, une église vient en aide aux femmes qui souhaitent avorter

Temps de lecture : 2 min

C'est dans l'une des villes les plus religieuses des États-Unis, à Dallas, que la First Unitarian Church tente de trouver des solutions à l'interdiction de l'IVG.

L'église s'attend à devoir redoubler d'efforts après l'abrogation de Roe v. Wade. | Michael Barera via Wikimedia Commons
L'église s'attend à devoir redoubler d'efforts après l'abrogation de Roe v. Wade. | Michael Barera via Wikimedia Commons

Vendredi 24 juin, la révocation du droit constitutionnel à l'avortement déclenchait un tremblement de terre aux États-Unis. Si pour certains fervents défenseurs des droits reproductifs, l'annulation de Roe v. Wade s'annonce comme une véritable catastrophe sociétale, d'autres groupes «pro-life», pour bon nombre religieux, ont salué cette décision historique. Mais comme le démontre un article de la BBC, la religion n'est pas toujours un marqueur de conservatisme.

À Dallas, métropole située dans l'État du Texas où l'IVG est déjà fortement limitée depuis 2021, une église s'érige comme protectrice du droit à l'avortement. Au sein de la First Unitarian Church of Dallas («Première église unitarienne de Dallas» en français), des volontaires aident les femmes à mettre fin à leur grossesse, parfois même en les accompagnant dans d'autres États comme le Nouveau-Mexique.

Cette implication de l'église a beau être surprenante, elle n'est pas isolée. Avant que l'avortement soit légalisé aux États-Unis en 1973, «les gens se tournaient souvent vers les chefs religieux pour obtenir de l'aide en cas de grossesse non désirée», souligne la BBC. Des réseaux comme le Clergy Consultation Service on Abortion («Service de consultation du clergé sur l'avortement»), fondé en 1967 et constitué de dirigeants protestants et juifs, ont aidé des centaines de milliers de femmes à accéder à l'avortement avant Roe v. Wade.

Des nuances entre les communautés religieuses

Toujours selon la BBC, l'avortement est aujourd'hui considéré par de nombreux «catholiques et chrétiens évangéliques» comme un meurtre, d'ailleurs condamné dans la Bible. D'après une récente enquête du Pew Research Center, «près des trois quarts des protestants évangéliques blancs pensent que l'avortement devrait être illégal dans la plupart des cas».

Néanmoins, ces statistiques comportent des nuances: «près des deux tiers des protestants noirs et une majorité de protestants blancs non évangéliques disent [...] que l'IVG devrait être légale dans tous ou la plupart des cas –tout comme une majorité de catholiques», relaie la BBC.

Pour Katey Zeh, pasteure baptiste et directrice de la Religious Coalition for Reproductive Choice («Coalition religieuse pour les choix reproductifs»), le Christ «était présent pour les gens dans leurs moments de vulnérabilité, en particulier pour les personnes touchées par l'oppression systémique et celles qui ont été poussées aux marges de la société, explique-t-elle. Je le vois comme un bénévole qui escorte les patientes à la clinique, qui est là pour leur tenir la main.»

Si toutes les personnes croyantes sont loin de penser comme Katey Zeh, la First Unitarian Church of Dallas continuera d'apporter son aide aux femmes souhaitant mettre fin à leur grossesse, même après l'abrogation de Roe v. Wade. «Nous ferons toujours ce que nous pouvons pour aider les femmes à obtenir des avortements sûrs et légaux», assure Daniel Kanter, pasteur de l'église.

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