Sciences

Un nouveau pénis antique gravé dans la pierre a été découvert près du mur d'Hadrien

Temps de lecture : 2 min

Il n'était pas rare de trouver des représentations phalliques dans la Rome antique.

Le graffiti indique «SECVNDINVS CACOR», ce qui signifierait à peu près «Secundinus, le chieur». | The Vindolanda Trust
Le graffiti indique «SECVNDINVS CACOR», ce qui signifierait à peu près «Secundinus, le chieur». | The Vindolanda Trust

Porteriez-vous un collier orné d'un motif pénis? Si ce choix stylistique peut paraître discutable aujourd'hui, cela ne dérangeait pas les Romains il y a plus de mille ans. Ils arboraient régulièrement des amulettes et bijoux de la sorte, afin d'améliorer leur fertilité et d'éloigner les mauvais esprits et la malchance.

Mais les symboles phalliques pouvaient aussi être utilisés pour moquer une personne. Selon ScienceAlert, c'est l'un d'eux qui a été découvert récemment au Royaume-Uni, près du célèbre mur d'Hadrien.

Dylan Herbert est un biochimiste à la retraite. Lors d'une fouille bénévole, il a trouvé une drôle de pierre datant du IIIe siècle: «De dos, elle ressemblait à toutes les autres, explique-t-il. Mais quand je l'ai retournée, j'ai été surpris de voir des lettres. Ce n'est qu'après avoir enlevé la boue que j'ai réalisé ce que je venais de découvrir, et j'étais absolument ravi.» Le graffiti indique «SECVNDINVS CACOR», ce qui signifierait à peu près «Secundinus, le chieur».

La pierre mesure 40 centimètres de large sur 15 centimètres de haut. L'auteur a dû mettre un certain temps à graver chaque lettre du message et le dessin qui l'accompagne. C'est ce qui fait dire à l'archéologue directeur de la fouille, Andrew Birley: «Il devait vraiment avoir un gros problème avec Secundinus [sans doute un soldat, ndlr] et être assez confiant pour le montrer publiquement sur une pierre. Je suis sûr que Secundinus ne s'en serait pas amusé en voyant cela lors d'une balade sur le site il y a 1.700 ans.»

Un mur recouvert de pénis

Pour mieux comprendre l'histoire des frontières romaines, les chercheurs ont étudié le site de Vindolanda, dans le nord de l'Angleterre. Inscrit au patrimoine de l'Unesco, il regorge de représentations phalliques: treize pénis y ont été retrouvés (en comptant l'insulte à Secundinus).

Le mur d'Hadrien en est lui-même recouvert (cinquante-neuf gravures au total), probablement pour une raison de superstition, dans cette région conflictuelle à l'époque de la Rome antique. Leur abondance sur le site de Vindolanda suggère qu'il s'agissait d'une forteresse particulièrement importante. Dans un article scientifique publié en 2017, plusieurs archéologues affirmaient d'ailleurs: «Il y a une relation claire entre les gravures de pénis et les sites militaires.»

Dans la Grèce antique aussi, il n'était pas rare de croiser ce type de représentations: des sculptures phalliques vieilles de plus de 2.500 ans avaient ainsi été trouvées en 2014.

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