Monde

Twitter doit dévoiler les informations d'un compte anonyme à un blogueur d'extrême droite

Temps de lecture : 2 min

Le réseau social a deux semaines pour se plier à la décision d'un tribunal australien, afin qu'Avi Yemini puisse entamer un procès en diffamation à l'encontre du profil inconnu.

Tout ce que l'on sait pour l'instant de ce profil anonyme est son pseudonyme: @PRGuy17. | Olivier Douliery / AFP
Tout ce que l'on sait pour l'instant de ce profil anonyme est son pseudonyme: @PRGuy17. | Olivier Douliery / AFP

C'est une affaire qui fait couler de l'encre dans bon nombre de pays du monde anglophone. Un tribunal australien vient tout juste d'ordonner à Twitter de divulguer les informations de l'utilisateur se trouvant derrière un compte anonyme dont seul le pseudo est connu: @PRGuy17. Cette décision fait écho à une plainte pour diffamation déposée par Avi Yemini, une personnalité bien connue en Australie, travaillant pour un blog d'actualité d'extrême droite baptisé «Rebel News».

Le réseau de l'oiseau bleu devra donc faire savoir le nom, l'adresse e-mail, ainsi que l'adresse IP utilisés lors de la création de ce profil en mars 2020 afin que Yemini et son média puissent «lancer une action en diffamation contre le compte», raconte Vice.

Cette plainte s'appuie sur une série de tweets publiés en pleine pandémie de Covid-19 par @PRGuy17. À cette période, l'anonyme avait alors déclaré que Yemini, bien connu pour ses positions anti-confinement et anti-vaccin, était une «menace pour la sécurité nationale de l'Australie», qu'il était un «criminel» qui avait contribué à «l'augmentation des cas de Covid-19».

À compter du 7 juin, Twitter a donc quatorze jours pour se plier aux ordres du tribunal. Sur le réseau social, le blogueur d'extrême droite ne cache pas sa joie. «Cela ne fait aucune différence si PRGuy ferme son compte. L'information ordonnée par le tribunal est documentée. Nous avons gagné», écrit-il sur son profil.

Des utilisateurs aux antipodes

Avi Yemini est devenu un nom familier pour le public australien vers 2017, au moment où une vague de populisme s'abattait sur une partie du monde occidental après l'élection de Donald Trump. Considéré par beaucoup comme «anti-islam et pro-Israël», le blogueur était apparu à la manifestation «Make Victoria Great Again» en 2017 –en référence au célèbre slogan de l'ancien président américain– lors de laquelle il avait protesté contre la gestion par l'État de Victoria des problèmes de sécurité.

Pendant la crise du Covid-19, l'homme et son média d'extrême droite –fondé au Canada en 2015– ont également gagné en notoriété en jouant sur des sentiments antivax et anti-confinement. Selon Vice, Facebook avait déclaré à l'époque «avoir supprimé une partie du contenu relatif au Covid-19 publié par Rebel News pour avoir enfreint ses politiques sur la désinformation».

De son côté, s'il n'est pas une personnalité publique comme Yemini de par son anonymat, PRGuy a aussi connu une certaine notoriété durant la pandémie. L'utilisateur se plaçait cependant à l'opposé des idées d'extrême droite du blogueur, lui valant l'étiquette de fervent défenseur du Parti travailliste australien.

De nombreux soutiens de Yemini estiment par ailleurs qu'une personnalité politique de gauche pourrait se cacher derrière le compte anonyme, notamment parce que PRGuy a fait l'éloge de la politique de gestion sanitaire de Daniel Andrews, Premier ministre de l'État du Victoria.

PRGuy a réagi ce 7 juin à la décision judiciaire sur son compte Twitter: «Je suis un fervent partisan de la liberté d'expression –même lorsque je ne suis pas d'accord ou que je suis heurté– et je me battrai pour cela. Les efforts pour me faire taire feront grandir ma voix. Je ne fais que commencer.»

Newsletters

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 19 au 25 novembre 2022

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 19 au 25 novembre 2022

Début de la Coupe du monde au Qatar, tremblement de terre en Indonésie, violentes protestations contre la politique zéro Covid en Chine... La semaine du 19 au 25 novembre en images.

Le Liban mise tout sur le gaz et le pétrole (tant pis pour l'environnement)

Le Liban mise tout sur le gaz et le pétrole (tant pis pour l'environnement)

Enfoncé dans la pire crise économique de son histoire, le pays du Cèdre voit l'exploitation de champs gaziers comme une sortie de secours. Mais des associations mettent en garde contre la corruption et la destruction des zones côtières.

L'Algérie veut intégrer les Brics: un projet à prendre au sérieux?

L'Algérie veut intégrer les Brics: un projet à prendre au sérieux?

Certains experts estiment que l'entrée du pays dans le groupe serait bien plus utile que sa présence au sein de la Ligue arabe.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio