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Fusako Shigenobu, fondatrice du groupe terroriste de l'Armée rouge japonaise, libérée de prison

Temps de lecture : 2 min

L'organisation d'extrême gauche pratiquant la lutte armée s'était fait connaître dans les années 1970, notamment lors du massacre de l'aéroport de Lod, à Tel Aviv.

La fondatrice de l'Armée rouge du Japon, Fusako Shigenobu (au centre), après sa libération de prison, aux côtés de sa fille, Mei Shigenobu (à droite) et de son avocate (à gauche), à Akishima, dans la préfecture de Tokyo, le 28 mai 2022. | Charly Triballeau / AFP
La fondatrice de l'Armée rouge du Japon, Fusako Shigenobu (au centre), après sa libération de prison, aux côtés de sa fille, Mei Shigenobu (à droite) et de son avocate (à gauche), à Akishima, dans la préfecture de Tokyo, le 28 mai 2022. | Charly Triballeau / AFP

On la surnommait la «Reine rouge»: Fusako Shigenobu, militante communiste de longue date, fondatrice de l'Armée rouge japonaise, une brigade terroriste anti-impérialiste pro-palestienienne très active au Liban au début des années 1970, vient d'être libérée de prison après avoir purgé une peine de vingt ans.

Elle avait été condamnée pour avoir orchestré la prise d'otage du siège de l'ambassade de France aux Pays-Bas, à La Haye, en 1974, au cours de laquelle deux officiers de police avaient été grièvement blessés.

Recherchée par Interpol pendant près de trente ans, ce n'est qu'en novembre de l'an 2000 qu'elle fut arrêtée à Osaka, alors qu'elle venait de rentrer clandestinement au Japon sous une fausse identité. Si Shigenobu n'était pas présente au moment de l'attaque de l'ambassade, qui visait à faire libérer Yoshiaki Yamada, un militant de l'Armée rouge japonaise arrêté deux mois plus tôt en possession de plans pour de futures attaques, elle fut néanmoins désignée comme figure centrale du groupe terroriste, et conséquemment condamnée en 2006, au terme d'un long procès.

Lutte armée

Deux ans avant la prise d'otages, en 1972, le groupe de gauche radicale s'était fait connaître dans le monde entier pour une action meurtrière de grande ampleur, perpétrée dans l'aéroport de Lod, à Tel Aviv, censée témoigner de son soutien à la cause palestinienne, et qui avait fait vingt-six morts (dont deux assaillants de l'Armée rouge) et près de quatre-vingt blessés.

Avant l'arrestation de Fusako Shigenobu, l'Armée rouge japonaise fut encore à l'origine de trois opérations importantes: une prise d'otages à l'ambassade de Kuala Lumpur, en Malaisie, en 1975, le détournement d'un avion de Japan Airlines vers le Bangladesh, en 1977, et une attaque à la bombe du club militaire américain de Naples, en 1988, qui fit cinq morts.

Repentirs tardifs

«Je m'excuse pour les désagréments que mon arrestation a causés à tant de personnes. C'était il y a un demi-siècle… Mais nous avons causé des dommages à des personnes innocentes qui nous étaient étrangères en donnant la priorité à notre combat, par exemple en prenant des otages», a déclaré Shigenobu après sa libération.

En 2001, elle avait annoncé la dissolution du groupe armé depuis sa prison, et avait admis en 2017, dans une lettre adressée à un journaliste du Japan Times, l'échec de l'entreprise: «Nos espoirs n'ont pas été comblés et cela s'est terminé de manière hideuse.»

À 76 ans, elle a quitté, ce samedi 28 mai 2022, en compagnie de sa fille, Mei Shigenobu, la prison de Tokyo où elle purgeait sa peine.

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