Santé / Sciences

Le réchauffement climatique nuit à votre sommeil

Temps de lecture : 2 min

Et avec la hausse des températures, vous allez de moins en moins dormir.

Les températures nocturnes augmentent plus rapidement que celles observées de jour. | Annie Spratt via Unsplash
Les températures nocturnes augmentent plus rapidement que celles observées de jour. | Annie Spratt via Unsplash

Mal dormi cette nuit? Pas d'inquiétude, ce n'est sûrement lié qu'au… réchauffement climatique. D'après une récente étude, la plus grande réalisée à ce jour et publiée dans la revue scientifique One Earth, la hausse des températures réduit le sommeil des gens à travers le monde.

Depuis les années 1980 et sous l'effet du dérèglement climatique, on constate que les températures nocturnes augmentent plus rapidement que celles observées de jour, ce qui a des conséquences croissantes sur la qualité du sommeil. En moyenne, c'est quarante-quatre heures de sommeil qui sont ainsi perdues par an, soit l'équivalent de onze nuits de moins de sept heures de sommeil –le standard en matière de sommeil suffisant.

Tous inégaux face au sommeil

Certains groupes de personnes sont néanmoins bien plus affectés que d'autres. La perte de sommeil par degré de réchauffement est plus élevée pour les femmes que pour les hommes d'environ un quart, elle est deux fois plus élevée pour les personnes âgées de plus de 65 ans, et trois fois plus pour les personnes qui ne vivent pas dans un pays riche.

Pour collecter ces données, les chercheurs et la chercheuse à l'origine de l'étude ont utilisé des bracelets de suivi du sommeil sur un échantillon de 47.000 personnes, situées dans 68 pays différents, et ce pour un total de 7 millions de nuits, entre 2015 et 2017.

«Dans cette étude, nous fournissons la première preuve à l'échelle planétaire que des températures plus chaudes que la moyenne érodent le sommeil humain. Il pourrait en fait s'agir de la partie émergée de l'iceberg, car il est très probable que nos estimations soient basses», a déclaré Kelton Minor, qui a dirigé les recherches, et souligne que les personnes à faible revenus et vivant dans des pays chauds sont sous-représentées pour le moment dans les données dont il dispose.

Cette perte de sommeil est liée au fait que le corps humain a besoin de se refroidir avant de s'endormir, or cela devient plus difficile lorsqu'il fait trop chaud. À ce type de contrainte physique s'ajoutent les contraintes matérielles, qui expliquent que les populations pauvres souffrent davantage du réchauffement climatique, dans la mesure où elles ont un accès limité aux dispositifs de refroidissement, comme la climatisation, les ventilateurs ou les volets.

Des répercussions sur la santé

L'impact des nuits chaudes sur le sommeil se fait sentir dès que les températures nocturnes dépassent 10°C. Kelton Minor s'inquiète du fait que l'étude a révélé que «les personnes vivant déjà dans des climats plus chauds ont connu une plus grande érosion du sommeil par degré d'augmentation de la température», alors qu'il s'attendait à ce que ces personnes soient mieux adaptées.

Or non seulement ce sommeil perdu ne se rattrape généralement pas, mais il a, à l'instar de la hausse des températures, des répercussions à terme sur la santé: augmentation du nombre de crises cardiaques, de suicides, de crises de santé mentale, d'accidents et de blessures, réduction de la concentration...

Ces premiers résultats devraient être le prélude d'une enquête plus vaste concernant les conditions de sommeil des populations vivant dans les zones les plus chaudes du monde, notamment en Afrique, en Amérique centrale et au Moyen-Orient. Ils devraient surtout être pris en compte par les responsables politiques, qui auront à charge de s'assurer que les villes et les lieux d'habitation soient adaptés aux hausses des températures prévues, afin de réduire au mieux leurs lourds impacts sanitaires.

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