Sciences

Hacker nos cerveaux pour modifier notre façon d'être, ça n'est pas de la science-fiction

Temps de lecture : 2 min

Il existe déjà plusieurs méthodes, qui ne relèvent absolument pas du récit d'anticipation.

Courants électriques, champs magnétiques, implantation d'une puce: les solutions sont nombreuses.| Piqsels
Courants électriques, champs magnétiques, implantation d'une puce: les solutions sont nombreuses.| Piqsels

Si le fait de pouvoir modifier son cerveau de façon à changer sa personnalité relève pour vous de la SF, alors vous feriez bien de vous pencher sur ce qui va suivre. Un article publié par Scientific American s'intéresse à la latéralisation du cerveau, et à la façon dont il est possible d'influer sur certaines de ses parties afin de modifier qui nous sommes et comment nous évoluons dans l'existence.

À chaque zone du cerveau sa fonction; en modulant l'activité de certaines de ces régions, la science peut modifier notre façon de ressentir, de penser et de nous comporter. Un concept développé par James J. Hughes, directeur de l'Institute for Ethics and Emerging Technologies (IEET), un think tank techno-progressif, dans l'un des chapitres de l'ouvrage collectif Policy, Identity, and Neurotechnology: The Neuroethics of Brain–Computer Interfaces.

Plusieurs solutions existent d'ores et déjà. L'une des méthodes consiste à faire entrer un courant électrique (d'intensité modeste) ou un champ magnétique dans certaines parties du cerveau, dix minutes par jour; une autre se traduit par l'implantation d'une puce dans la boîte crânienne. Rien de bien neuf, au fond: comme le fait remarquer Popular Mechanics, cela fait des siècles que nous tentons d'améliorer nos capacités cognitives et notre moralité. Simplement, jusqu'ici, cela se faisait essentiellement à l'aide de médicaments.

«L'ocytocine synthétique augmente notre degré de confiance envers les autres gens. Les stimulants réduisent notre agitation et augmentent notre concentration sur les tâches que nous voulons accomplir. Il existe différentes études qui montrent que les médicaments ont des conséquences morales sur nos comportements», souligne James J. Hughes. Seulement voilà: les molécules absorbées agissent parfois de manière assez brutale, et elles affectent généralement l'intégralité de notre corps, ou en tout cas une grande partie de celui-ci.

Précision chirurgicale

L'avantage de la neuromodulation, c'est qu'elle peut cibler très précisément les parties du cerveau spécifiquement reliées à certains traits de personnalité ou certaines sensations. On peut par exemple implanter des électrodes au niveau du nerf vague, le plus long et le plus complexe des nerfs crâniens, de façon à pouvoir le stimuler. Or celui-ci a une influence extrêmement importante sur notre tension ainsi que sur notre rythme cardiaque.

Les électrodes peuvent également être installées directement au niveau du cerveau: c'est ce que l'on nomme la stimulation cérébrale profonde (SCP), une opération de neurochirurgie qui peut donner des résultats impressionnants pour que que les électrodes soient placées suffisamment en profondeur. «La SCP peut créer une cascade électrique qui influence 100.000 neurones ou plus», explique James J. Hughes. Ce qui n'est pas si important sachant qu'un cerveau humain en contient environ 100 milliards, pour un total de 1 milliard de milliards de connexions entre ses neurones.

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