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Pourquoi le ministre des Affaires étrangères russe a ressuscité le mythe des origines juives d'Hitler

Temps de lecture : 2 min

Sergueï Lavrov a instrumentalisé cette rumeur démentie depuis longtemps par les historiens de la Seconde Guerre mondiale.

Sergueï Lavrov a affirmé dans une interview pour la télévision italienne ce dimanche que ce n'est pas parce que le président ukrainien est juif qu'il ne pourrait pas diriger un régime néonazi. | Capture d'écran LCI via YouTube
Sergueï Lavrov a affirmé dans une interview pour la télévision italienne ce dimanche que ce n'est pas parce que le président ukrainien est juif qu'il ne pourrait pas diriger un régime néonazi. | Capture d'écran LCI via YouTube

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le régime russe et son dirigeant Vladimir Poutine sont disqualifiés et critiqués partout en Occident, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est largement soutenu. Pour cette raison, de nombreuses théories du complot circulent en Russie à son propos, dans le but de le discréditer et de justifier l'invasion de l'Ukraine.

La dernière fausse information en date émane directement du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a affirmé dans une interview à la télévision italienne ce dimanche que ce n'est pas parce que le président ukrainien est juif qu'il ne pourrait pas diriger un régime néonazi, et a dressé un parallèle avec Adolf Hitler. Le ministre a suggéré durant l'interview que «les gens devraient s'intéresser au fait que Hitler lui-même avait du sang juif» avant d'ajouter: «Depuis un certain temps, nous entendons de la part du peuple juif que les plus grands antisémites sont juifs.»

Il existe en effet un mythe selon lequel le dictateur et fondateur du nazisme allemand aurait eu des origines juives, explique NBC News.

La technique «Big Lie»

Déjà dans les années 1930, des rumeurs selon lesquelles le grand-père d'Hitler (qui demeure inconnu à ce jour) aurait été juif circulaient. Elles étaient basées sur les dires de journaux sensationnalistes européens et sur l'idée non vérifiée que «Heidler», une variante du nom «Hitler», serait d'origine juive. Il n'y a cependant aucune preuve de cette théorie, qui a plusieurs fois été démentie par des historiens de la Seconde Guerre mondiale.

Le ministre des Affaires étrangères russe semble surtout avoir utilisé la technique de propagande appelée «Big Lie», employée par le régime nazi lui-même et son ministre de la Propagande Joseph Goebbels à l'époque. Ce dernier accusait régulièrement les ennemis de Hitler de crimes haineux et la technique consistait simplement à répéter infiniment un mensonge jusqu'à ce qu'il devienne crédible.

Cette idée est aussi une manière de sous-entendre que le peuple juif est en partie responsable de l'Holocauste et des horreurs qu'il a subies à cette période. C'est d'ailleurs un argument récurrent des rhétoriques antisémites. Plus que de la malhonnêteté intellectuelle, la remarque de Sergueï Lavrov est un mensonge révisionniste qui instrumentalise l'histoire pour justifier les décisions du Kremlin.

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