Monde

Au Royaume-Uni, une pluie de polémiques s'abat sur Westminster

Temps de lecture : 2 min

Agressions sexuelles, misogynie ou encore intimidations... Des députées dénoncent un problème enraciné dans la culture parlementaire britannique.

De nombreuses femmes travaillant au Parlement «se [préviennent] mutuellement des personnes à éviter». | Tolga Akmen / AFP
De nombreuses femmes travaillant au Parlement «se [préviennent] mutuellement des personnes à éviter». | Tolga Akmen / AFP

Du temps de parole à l'utilisation d'appareils électroniques en passant par les codes vestimentaires, les us et coutumes sont légion au sein de la Chambre des communes. Mais depuis quelques semaines, ces règles de bonne conduite sonnent particulièrement faux. La presse a divulgué plusieurs scandales au sein du Parlement britannique qui résonnent comme un coup de tonnerre chez nos voisins d'outre-Manche, rapporte Politico.

Le 14 avril dernier, un député conservateur a démissionné après avoir été reconnu coupable d'agression sexuelle sur mineur. Quelques jours plus tard, une enquête a été ouverte au sujet d'un autre député conservateur, accusé d'avoir regardé de la pornographie sur son téléphone portable en pleine Chambre des communes. Dans le même temps, du côté du Parti travailliste, le député Liam Byrne a été suspendu pendant deux jours pour avoir intimidé à plusieurs reprises un membre de son équipe.

Un autre scandale a éclaté en début de semaine dernière après la diffusion d'un article misogyne du tabloïd The Mail on Sunday «accusant la cheffe adjointe du parti de l'opposition de tenter de “distraire” le Premier ministre lors des débats en croisant et décroisant ses jambes», relate AP News. Cette affaire a provoqué l'indignation de nombreuses élues, qui ont par ailleurs lancé un appel urgent contre la misogynie omniprésente dans le paysage politique britannique.

Comme le souligne Politico, malgré l'introduction en 2018, après le mouvement #MeToo, de l'Independent Complaints and Grievance Scheme (ICGS) qui avait «entraîné la sanction de plusieurs députés pour comportement inacceptable», les attitudes misogynes persistent.

Un «problème culturel»

Politico rapporte le témoignage d'une collaboratrice parlementaire qui explique avoir été agressée par un haut responsable toujours en poste, mais qui n'a pas encore décidé si elle va le signaler, pour des raisons malheureusement bien trop communes.

«C'est effrayant, confie-t-elle au journal. Je crains que si [cette affaire] n'est pas prise au sérieux, je devienne une nuisance et que les futurs employeurs aient toujours une bonne opinion de lui, mais que je sois considérée comme une fauteuse de troubles.»

Toujours selon les propos de députées recueillis par le journal, il semblerait que la plupart des femmes travaillant à Westminster «préfèrent s'appuyer sur un “réseau de chuchotements” –se prévenant mutuellement des personnes à éviter– plutôt que de passer par les tracas d'une plainte officielle, qui risque de ne mener nulle part».

Ces témoignages sont nombreux, et s'ils semblent plus visibles aujourd'hui, Politico avance que c'est parce que de plus en plus de femmes prennent la parole. Mais ce genre de comportement ne date pas d'hier, comme le relève une députée: «La misogynie, le sexisme et le harcèlement sexuel sont tellement ancrés dans la culture [du Parlement britannique] qu'il est difficile de voir comment cela pourrait changer.»

Newsletters

La guerre en Ukraine «ne sera pas de longue durée», assure Bernard-Henri Lévy

La guerre en Ukraine «ne sera pas de longue durée», assure Bernard-Henri Lévy

L'essayiste pense que les experts qui affirment que le conflit va s'enliser se trompent.

Manifestations en Chine: sous pression, le pouvoir semble hésiter

Manifestations en Chine: sous pression, le pouvoir semble hésiter

Après l'incendie d'un immeuble qui a fait dix victimes à Ürümqi, dans l'ouest du pays, les mouvements de protestation contre les restrictions strictes liées au Covid-19 se multiplient face à un Xi Jinping en apparence imperturbable.

On croyait le français de Louisiane mort, le voilà qui ressuscite

On croyait le français de Louisiane mort, le voilà qui ressuscite

Couramment parlé jusqu'au début du XXe siècle dans cet État américain, le français local a peu à peu disparu, avalé par la langue anglaise. Mais aujourd'hui, il est enseigné à 5.500 enfants et jouit à nouveau d'une certaine popularité.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio