Monde

La Transnistrie pourrait être entraînée dans la guerre russo-ukrainienne

Temps de lecture : 2 min

Après une série d'explosions, la région séparatiste moldave a fait la une de nombreux quotidiens.

Les explosions entendues lundi 25 et mardi 26 avril visaient le ministère de la Sécurité de l'État, une tour radio et une unité militaire. | Marco Fieber via Flickr
Les explosions entendues lundi 25 et mardi 26 avril visaient le ministère de la Sécurité de l'État, une tour radio et une unité militaire. | Marco Fieber via Flickr

La Transnistrie est une région séparatiste de la Moldavie (ancienne république soviétique) soutenue par Moscou. Une série d'explosions l'a plongée au cœur de l'actualité, jusqu'à réveiller chez certains la crainte d'une contagion de la guerre en Ukraine. Le Guardian s'est donc demandé ce qui en faisait un territoire si stratégique.

Les explosions entendues lundi 25 et mardi 26 avril visaient le ministère de la Sécurité de l'État, une tour radio et une unité militaire. Elles ont eu lieu seulement quelques jours après une annonce inquiétante d'un commandant russe affirmant que les russophones de Moldavie étaient oppressés. Si cette rhétorique vous semble familière, c'est parce que la même avait justifié l'invasion de l'Ukraine.

La situation géographique de la région justifie la crainte des observateurs de la voir se faire entraîner dans le conflit: la Transnistrie est une bande de territoire coincée entre l'Ukraine et la Moldavie, dont elle a fait sécession en 1992.

Localisation de la Transnistrie. | Celeron via Wikimedia Commons

Avantage stratégique

Lors de la guerre des séparatistes contre le gouvernement moldave après l'effondrement de l'Union soviétique, l'armée russe a fini par intervenir aux côtés des rebelles. Et au référendum de 2006, 97,1% des habitants ont soutenu l'adhésion à la Russie. Même si la décision n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, le territoire est contrôlé par des séparatistes et 1.500 soldats russes y stationnent en permanence.

Pour ce qui est des habitants de la Transnistrie (environ 465.000), ils sont étroitement liés de plusieurs manière à la Russie, mais aussi à l'Ukraine. Ils utilisent l'alphabet cyrillique et ont leurs propres monnaie (le rouble transnistrien) et passeport –même si la plupart d'entre eux ont la double voire triple nationalité moldave, russe et ukrainienne. La majorité est russophone, quand le reste de la Moldavie parle roumain. Leur économie est soutenue par la Russie, qui y livre du gaz gratuitement et en a fait un véritable satellite de son pouvoir aux frontières de l'Union européenne.

À la suite des explosions, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, s'est dit «inquiété» par ces dernières, tandis que Denis Pouchiline, leader de la république autoproclamée de Donetsk, a avancé l'idée de prendre en compte ce qui se passe en Transnistrie dans la planification de la prochaine étape de l'opération militaire.

Côté moldave, la présidente Maia Sandu s'est clairement opposée à la sécession de la Transnistrie et voudrait que les troupes stationnées à la frontière soient remplacées par une mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe –ce que Moscou refuse, évidemment. Elle a déclaré cette semaine: «Certaines forces à l'intérieur de la Transnistrie sont favorables à la guerre.»

Newsletters

Comment le FSB a gangréné la vie politique moldave

Comment le FSB a gangréné la vie politique moldave

Différents documents du service des renseignements russe montrent comment la Russie étend son influence dans l'ancienne république soviétique pays. Plongée dans une de ces guerres hybrides que le Kremlin mène depuis des années.

«Je ne peux pas penser à autre chose qu'à l'argent»: ces Français qui songent à quitter Londres

«Je ne peux pas penser à autre chose qu'à l'argent»: ces Français qui songent à quitter Londres

Inflation monstre, augmentation des loyers, instabilité politique... Pour beaucoup, il est devenu intenable de rester vivre dans la capitale britannique. Reste une solution: rentrer en France.

En Syrie, l'hiver sonne le début de la culture des roses de Damas

En Syrie, l'hiver sonne le début de la culture des roses de Damas

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio