Boire & manger

Une sélection des meilleurs bistrots parisiens dans le XVIIe arrondissement

Temps de lecture : 8 min

En bonus: un restaurant de luxe double étoilé et perché au sixième étage, avec une vue imprenable sur les toits de Paris.

Au restaurant Chez Fred, le cœur d'aloyau bleu. | Chez Fred
Au restaurant Chez Fred, le cœur d'aloyau bleu. | Chez Fred

Agapé

C'est une excellente cuisinière brésilienne, Rebecca Lockwood, qui est au piano de ce bistrot très couru du XVIIe arrondissement. La carte a été renouvelée et enrichie de préparations originales, jamais savourées nulle part.

Rebecca Lockwood, cheffe du restaurant Agapé. | Karine Sicard-Bouvatier

Au menu Amazonie, le pao de queijo (mini pain au fromage), caviar osciètre tsar Impérial Petrossian, la Cecina de Leon issue du bœuf de Galice maturé et séché, la Saint-Jacques déshydratée, citron confit, sel de nuoc man qui vaut à lui seul l'étoile.

Au restaurant Agapé, la noix de Saint-Jacques déshydratée, citron confit et sel de nuoc mam. | Karine Sicard-Bouvatier

En amuse-bouche, les chips de tapioca, guacamole, tartare de veau ou encore en entrée, les noix de Saint-Jacques snackées, chayotte (plante de la famille des cucurbitacées) et poire, huile de coriandre, lait à la noix du Brésil.

Les plats

  • Le cabillaud laqué au fruit de la passion, salicorne, salsifis, beurre blanc
  • L'asperge blanche du Lot-et-Garonne, pesto à l'ail des ours, dattes, chutney, échalotes grises
  • La canette de Challans, foie gras rôti, ananas, champignons japonais, jus au vinaigre de sakura (aux feuilles de cerisier), le chef-d'œuvre de cette table créative et captivante

Au restaurant Agapé, la canette de Challans et foie gras rôti. | Karine Sicard-Bouvatier

Les desserts

  • La glace à l'asperge, crumble chocolat, fève de tonka, rhum
  • La trilogie de chocolat, champignons, artichaut

Au restaurant Agapé, la tarte au chocolat Guanaja et glace au curcuma. | Karine Sicard-Bouvatier

Il faut dire que Laurent Lapaire est un patron aux papilles trieuses, qu'il a formé son palais à L'Archestrate, une vraie référence de qualité.

La salle du restaurant Agapé. | Karine Sicard-Bouvatier

Les prix restent décents pour une belle recherche culinaire qui enchante les fidèles. La seconde étoile n'est pas loin. Menus à 54 euros au déjeuner ou 79 euros (avec l'accord mets et vins). Le menu Amazonie est à 99 euros et 116 euros avec le supplément caviar. Carte de 150 à 200 euros.

Agapé
51 rue Jouffroy d'Abbans 75017 Paris. Tél.: 01 42 27 20 18. Fermé samedi et dimanche.

Papillon

Il existe plusieurs restaurants «Papillon» dans Paris: une sacrée enseigne. Celui-là tout près de l'avenue de Villiers, a été lancé par Christophe Saintagne, ancien chef étoilé du Plaza Athénée époque Alain Ducasse: un bon plan.

De la quinzaine de plats à la carte lisible et gourmande, il faut privilégier les œufs miroir à la truffe noire (58 euros), les noix de Saint-Jacques et navets à cru (28 euros) et le chou pointu au haddock et champignons (22 euros): des entrées savoureuses.

Au restaurant Papillon, l'œuf miroir à la truffe. | lesrestos.com

Parmi les cinq plats de résistance, un seul poisson: le lieu jaune sur canapé, céleri, sauce vierge (38 euros).

Christophe Saintagne et son chef au piano Robin Schroeder, formé à l'Auberge de l'Ill des frères Haeberlin, proposent des compositions appétissantes relevées de garnitures bienvenues comme le cochon noir de Bigorre en promenade à Utah Beach, jolie formule (28 euros), les ravioles de canard, chou-rave, bouillon épicé (28 euros), le paleron de bœuf, carottes au cumin, persil (30 euros) et la volaille rôtie, jus au vin d'Arbois, topinambour, butternut (28 euros). Des assiettes bien senties, équilibrées et porteuses de goûts vrais.

Au restaurant Papillon, le cochon noir de Bigorre en promenade à Utah Beach. | lesrestos.com

Desserts d'anthologie, tous à 12 euros: la poire rôtie, sorbet café, feta, noix, le gâteau au chocolat, cardamome, menthe, le riz au lait, noisettes caramélisées, glace rose-litchi.

La salle du restaurant Papillon. | les restos.com

Assurément, un des meilleurs bistrots de Paris et une table de quartier qui a su attirer la meilleure clientèle de la capitale, celle qui vit pour se régaler. On boit l'AOC de Saint-Bris à 7 euros le verre. Menu au déjeuner à 39 euros. Carte à partir de 50 euros.

Papillon
8 rue Messonier 75017 Paris. Tél.: 01 56 79 81 88. Fermé samedi et dimanche.

Chez Fred, depuis 1945

Laurent Hullo, bon professionnel de la bistronomie, veille sur le répertoire bistrotier de ce rendez-vous des (bons) mangeurs du quartier Pereire: les tables sur le trottoir du boulevard, sous le ciel de Paris, sont assaillies par les fins becs du secteur.

Benjamin Lavenne, un cuisinier d'expérience, formé au Bristol à Paris, a enrichi l'ardoise de plats bienvenus et tentateurs comme les œufs bio mayonnaise (8 euros), les poireaux vinaigrette et la frisée aux lardons (18 euros), le carpaccio de dorade (16 euros), le confit de canard et les frites (22 euros), le tartare de bœuf charolais au couteau et frites maison (21 euros), le délicieux filet de bœuf au poivre, un grand plat (36 euros) et la pièce de bœuf sauce béarnaise (36 euros), un must pour les carnivores.

Au restaurant Chez Fred, les œufs bio mayonnaise. | lesrestos.com

Ici, c'est le meilleur des plats bistrotiers qui vous est proposé où le produit de base est roi, les garnitures attendues et les sauces nappantes.

Parmi les bistrots parisiens, il y a le pire (le mépris des clients) et le meilleur. Dans ce restaurant, les mangeurs sont choyés, bichonnés, aimés par le patron toujours présent aux deux services.

Au restaurant Chez Fred, le filet de bœuf au poivre. | lesrestos.com

À la carte, la quenelle de brochet sauce homardine, riz blanc (26 euros), le foie de canard onctueux et goûteux (22 euros), le cœur d'aloyau tendre (26 euros), l'île flottante aux pralines roses (12 euros), tout ce que l'on a envie de savourer dans le registre et la mémoire de la cuisine française figure sur l'ardoise copieuse et variée.

La façade du restaurant Chez Fred. | Chez Fred

Une adresse de confiance, l'étoile est bien là. Hélas le Michelin s'intéresse trop peu aux bistrots, on l'attend pour 2023.

Chez Fred
190 bis boulevard Pereire 75017 Paris. Tél.: 01 45 74 20 48. Fermé dimanche.

La Table du Caviste Bio

Le restaurateur confirmé Dominique Bry a lancé fin 2017 ce bon restaurant à terrasse voué à la cuisine franco-japonaise mitonnée par la cheffe Junko Kawasaki passée par le Bristol d'Éric Frechon. Le succès aidant, elle a orienté sa cuisine avec des préparations de chez elle, ce qui enrichit son style.

Elle conjugue avec brio des assiettes très françaises comme le carré d'agneau bio de la Nouvelle-Aquitaine (36 euros), la sole meunière avec les légumes du marché (32 euros) et des plats japonais, les sashimis de sériole et saumon, salade aux daïkons et shiso (18 euros), délicieuse spécialité, le thon mi-cuit au sésame (29 euros) et le bœuf japonais Wagyu de Kagoshima grillé, riz à l'ail qui attire des gourmets en quête de cette viande de race hors du commun (68 euros).

Côté desserts, l'ananas rôti flambé au rhum (11 euros), la quenelle «Harinezumi» hérisson au chocolat noir (11 euros)…

En quelques années de cuisine franco-nippone, ce restaurant d'allure modeste s'est attiré une clientèle de connaisseurs de préparations classiques du Japon.

La cheffe Junko Kawasaki que le Michelin apprécie depuis l'ouverture s'est constituée un répertoire de sushis, de sashimis, de bœuf grillé, de sauces qui réjouissent les connaisseurs. C'est net, fin et goûteux.

Pas plus de trente couverts, une terrasse en saison, ce caviste bio a su imposer le talent, la gestuelle, la créativité de sa cheffe dont les progrès sont sidérants. Le patron voit tous les clients et vous conseillera les plats du jour.

Les vins sont tous bio, choisis par l'hôte qui saura harmoniser l'assiette et le verre. Sélection de vins blancs à conseiller: «c'est frais et raffiné» écrit le Michelin 2022. L'étoile est en vue.

Menu au déjeuner à 27 ou 35 euros. Plat du jour à 22 euros dont l'exquis curry japonais. Carte de 70 à 80 euros.

La Table du Caviste bio
55 rue de Prony 75017 Paris. Tél.: 01 82 10 37 02. Fermé dimanche et lundi.

L'Oiseau Blanc du Peninsula

Ce restaurant de luxe perché au sixième étage de ce somptueux palace a conservé ses deux étoiles dans le Michelin 2022 conquises par l'ancien chef du Taillevent, David Bizet, champion du monde du lièvre à la royale en 2016: une merveille de haute cuisine française, le top pour les gourmets (à la carte début septembre).

Le lièvre à la royale, plat emblématique de David Bizet. | The Peninsula Paris

L'atout majeur de ce restaurant à la vue panoramique sur les toits de Paris, la Tour Eiffel, le Sacré-Cœur, la Seine, c'est cette situation en hauteur comme la table fameuse de La Tour d'Argent: Paris est à vos pieds. Un choc visuel et une terrasse couverte ou pas d'où l'on peut juger de la beauté architecturale de la capitale.

La salle du restaurant L'Oiseau Blanc. | The Peninsula Paris

À L'Oiseau Blanc est célébré l'esprit d'aventure des deux pionniers français de l'aviation: Charles Nungesser et François Coli qui ont été les premiers à tenter la traversée de l'Atlantique sans escale à bord d'un biplan. La réplique de l'avion original présentant une envergure de 11 mètres est suspendue dans les airs du restaurant en direction de la Tour Eiffel.

Au restaurant L'Oiseau Blanc, la réplique de l'avion original. | The Peninsula Paris

Le Peninsula, un somptueux bâtiment blanc, à deux pas de l'Arc de Triomphe, s'est forgé une place de choix dans le cortège des hôtels cinq étoiles de Paris. Ce beau palace offre une terrasse en saison où l'on prend les repas à deux pas des Champs-Élysées, un emplacement de rêve. Les fidèles passent la journée dans les salons, au bar et sur les terrasses: idéal quand le soleil est de la partie.

La terrasse de L'Oiseau Blanc. | The Peninsula Paris

La cuisine française est mise à l'honneur à travers les trois restaurants dont L'Oiseau Blanc situé dans ce décor unique: une totale réussite, un singulier dépaysement. Les investisseurs ont été rigoureux dans le choix des chefs de cuisine, le Michelin l'a bien noté. Le Peninsula s'est fait connaître par la qualité et la régularité de la restauration surtout à L'Oiseau Blanc très vite salué et récompensé par le guide rouge très sensible à l'hôtellerie de qualité.

David Bizet, chef exécutif du restaurant L'Oiseau Blanc. | The Peninsula Paris

Ces jours-ci, David Bizet qui avait dynamisé le Taillevent pendant cinq ans et où il a été récompensé de deux étoiles en 2020 envoie un ensemble de plats d'une extrême saveur aux garnitures épatantes. Il a débuté sa carrière à l'hôtel Four Seasons George V à Paris où il officiera durant dix-huit ans, chef du restaurant Le V dès 2014, il prend les rênes de L'Orangerie en 2017 où il obtient sa première étoile.

Au menu du déjeuner à L'Oiseau blanc, proposé du lundi au vendredi, le poulpe grillé laqué, l'asperge blanche flammée, le merlan nacré au lait végétal, la pintade fermière à l'étouffée de réglisse et côté desserts, la vanille de Tahiti, la rhubarbe pochée.

Le beau menu Dégustation affiche la patte et le style net du chef à la pratique lisible et spontanée: il se fait plaisir en régalant ses hôtes, les assiettes sont équilibrées, savoureuses et surtout légères.

Au restaurant L'Oiseau Blanc, le poireau en croûte de sel truffée. | The Peninsula Paris

Les plats: le homard bleu de casier, le poireau en croûte de sel truffée, mimosa de truffe, agaric (champignon) et essence poivrée, la fine lisette marinée au caviar Impérial, le pigeon laqué, l'herbacé de source, la vanille de Tahiti, admirable origine.

Au restaurant L'Oiseau Blanc, le pigeon laqué. | The Peninsula Paris

À la carte: les noix de coquilles Saint-Jacques, fenouil, agrumes, oursin, ail noir (69 euros), le homard bleu en civet, salsifis torréfiés, chorizo et trévise (95 euros), le turbot nacré (76 euros), le pigeon laqué (89 euros), le ris de veau sur son artichaut fondant, cresson et réglisse (85 euros), la cabosse de Madagascar pour deux (58 euros), la rhubarbe pochée au citron rose (26 euros), la vanille de Tahiti glacée, grillée, feuille de tabac givrée (26 euros), dessert exécuté par l'excellente cheffe pâtissière Anne Coruble.

Au restaurant L'Oiseau Blanc, la vanille de Tahiti glacée, grillée, feuille de tabac givrée. | The Peninsula Paris

Le Michelin a bien saisi le profil de ce chef: tout tombe juste, jus, sauces, visuels de présentation. La troisième étoile viendra quand David Bizet aura étendu sa palette et mitonné d'autres spécialités valorisantes grâce aux produits nobles de saison comme les gibiers, le bar, le caviar…

Sélectionnés par le sommelier Florent Martin, Meilleur sommelier de France en 2020, venu du Cinq au George V, on boit du Haut-Marbuzet 2012 à 180 euros, du Haut-Brion 1998 à 2.300 euros et du Latour 1995 à 2 650 euros pour les soirs de fêtes ou de volupté. On sert aussi des vins au verre à partir de 23 euros.

Menus au déjeuner à 75 ou 95 euros, Dégustation à 225 euros.

L'Oiseau Blanc de l'Hôtel Peninsula
19 avenue Kléber 75016 Paris. Tél.: 01 58 12 28 88. Pas de fermeture.

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