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Après avoir fui la guerre, de plus en plus d'Ukrainiens retournent à Kiev

Temps de lecture : 2 min

À la suite du repli des troupes russes de la capitale au début du mois d'avril, Kateryna, Oleksii et Dmitriy ont choisi de regagner leur ville, animés par le besoin urgent d'aider.

«J'ai décidé de revenir à ma réalité», explique Oleksii Sobolev, un Ukrainien de 38 ans. | Nikolay Doychinov / AFP
«J'ai décidé de revenir à ma réalité», explique Oleksii Sobolev, un Ukrainien de 38 ans. | Nikolay Doychinov / AFP

Le 1er avril dernier, Volodymyr Zelensky annonçait le retrait des troupes russes des alentours de Kiev. Si l'Ukraine reste sur ses gardes face aux offensives menées sur son territoire, notamment dans la région du Donbass, ce récent repli militaire a engendré un phénomène qui semble prendre de l'ampleur. Sur un total de 3 millions d'Ukrainiens qui avaient dans un premier temps quitté le pays, près de 500.000 regagnent aujourd'hui leur foyer, rapporte Vice.

«J'ai décidé de retourner à Kiev fin mars lorsque l'armée ukrainienne a libéré Boutcha, Irpin et Borodyanka», déclare Kateryna Mykhalko, une jeune Ukrainienne de 20 ans. «Il m'a semblé vital de retourner dans la région de Kiev, de parler aux locaux, de tout voir de mes propres yeux et de trouver une manière d'aider.»

De son côté, Oleksii Sobolev, 38 ans, avait fait le choix d'évacuer sa famille vers la Slovaquie, puis de retourner seul dans les alentours de Kiev et de loger chez des collègues. Mais à l'annonce du retrait des troupes russes de la capitale, Oleksii n'a pas hésité une seule seconde et a décidé de retourner chez lui aussitôt. Il parle de cette décision comme d'un moment dont il se «souviendra tout le reste de sa vie».

«J'ai conduit jusqu'à mon complexe résidentiel, j'ai pris mes bagages et j'ai involontairement commencé à fredonner une mélodie. [...] Je ne sais pas pourquoi mais je fredonnais l'hymne national ukrainien, confie-t-il à Vice. J'ai ressenti une vraie joie à chaque action. Ouvrir le placard. Vérifier la télévision. Faire le lit. Préparer le dîner. Tout était comme il se doit. Un véritable bonheur.»

À l'instar d'Oleksii, Dmitriy Koloah, 34 ans, explique avoir ressenti le même sentiment de plénitude à son retour. Il parle de son exil comme de quelque chose de particulièrement étrange: «Ce n'était pas ma vie. Je vivais la vie d'un autre gars, raconte-t-il au média américain. Tout cela est devenu si bizarre que j'ai décidé de revenir à ma réalité.»

À Kiev, les habitants s'organisent

Même si les offensives menées par les Russes au sein de la capitale ukrainienne se sont affaiblies, Kiev reste en alerte. «Il y a un vrai sentiment d'anxiété parce que les alarmes sont déclenchées trois à quatre fois par jour –de jour comme de nuit, décrit Dmitriy. On ne peut jamais véritablement se détendre.»

«Kiev est tellement différente. La ville ressemble aujourd'hui à un labyrinthe, ajoute Oleksii. Il y a beaucoup de points de contrôle et les itinéraires habituels sont parfois bloqués.»

Malgré son difficile retour dans sa ville meurtrie par la guerre, Kateryna Mykhalko relate que «chaque citoyen de Kiev se concentre désormais sur la défense de la liberté ukrainienne» en s'engageant au sein des forces armées ou dans la police. Elle explique par ailleurs que pour «soutenir l'économie du pays», de nombreux habitants de Kiev commencent à réouvrir leurs petits commerces afin d'essayer «de retrouver une certaine normalité au milieu du chaos».

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