Société

La pandémie de Covid-19 a drastiquement modifié nos habitudes vestimentaires

Temps de lecture : 2 min

Pour les femmes interrogées par le New York Times, les vêtements décontractés sont plus qu'une simple question de confort. Ils constituent un outil «d'empowerment».

Ces nouveaux codes vestimentaires sont par ailleurs récupérés par certains des plus grands noms de la mode. | Annie Spratt via Unsplash
Ces nouveaux codes vestimentaires sont par ailleurs récupérés par certains des plus grands noms de la mode. | Annie Spratt via Unsplash

Que nous restera-t-il du télétravail à l'issue de la pandémie de Covid-19? Si les visioconférences ou encore le shopping en ligne semblent s'être installés pour de bon dans nos vies, les quelques mois de confinement ont également eu une influence majeure sur nos accoutrements.

Exit les talons aiguilles, place aux chaussons confortables et au plaid devant l'ordinateur. Mais alors que ces habitudes vestimentaires semblaient naturelles en plein confinement, le New York Times suggère qu'elles pourraient bien se faire une place sur le long terme. «Souhaitons-nous réellement abandonner la liberté et le confort que nous avions trouvés pendant cette période?», interroge le journal américain.

«Je n'ai plus aucune patience pour les vêtements inconfortables», déclare Shira Lander, 59 ans, professeure d'études religieuses à l'Université méthodiste du Sud à Dallas. «Je me suis débarrassée de la plupart de mes vêtements nettoyables à sec!» À l'instar de cette quinquagénaire, bon nombre de personnes –en particulier les femmes de plus de 40 ans– sont convaincues que les vêtements incommodants ne valent plus le coup depuis le retour au bureau.

«Je suis très heureuse que les vêtements d'intérieur soient devenus une nouvelle catégorie vestimentaire dominante, confie Barbara Lippert, écrivaine de 65 ans. Pendant la période la plus sombre de la pandémie, même le fait de porter un jean semblait excessif.»

Comme le remarque le journal new-yorkais, cette nouvelle tendance vestimentaire n'est plus uniquement cantonnée à nos intérieurs, bien au contraire. Elle s'est même immiscée dans certains des défilés les plus huppés du monde de la mode. En 2020, la créatrice Anna Sui a par exemple «présenté des robes flottantes [...], et certains mannequins ont même porté des édredons assortis». Même Prada a mis l'accent sur le style «cocooning» au travers de «vestes bouffantes [...] et de capes ceinturées ressemblant à des peignoirs».

La mode décontractée, une question démocratique

La question n'est pas de savoir si les talons aiguilles sont un symbole de force ou de faiblesse. Chacun est libre de casser, ou non, les codes vestimentaires à sa guise. Le New York Times nous propose plutôt de voir la popularité grandissante des vêtements confortables comme un phénomène ayant encouragé de plus en plus de femmes à se tourner vers d'autres alternatives. «Terminé les talons! lance Angela Cason, 61 ans, propriétaire d'une agence numérique. Une fois que vous portez des Ugg, c'en est fini de tout le reste.»

«Au fond, la mode décontractée est démocratique, s'adaptant aux changements d'esprit, de corps et de culture», commente le New York Times, rappelant par ailleurs que ce mouvement –«flattant diverses formes, poids et tailles»– s'inscrit dans celui du body positive, c'est-à-dire l'acceptation de soi et de son corps.

Jody Sperling, chorégraphe et danseuse de 51 ans, observe une corrélation directe entre nos looks décontractés et les power suits des années 1980 –véritable symbole féminin d'empowerment (émancipation, en français). «C'est frappant, explique-t-elle, cette tendance pour les vêtements plus décontractés est un empowerment inversé de ce qu'étaient les power suits pour une génération antérieure de femmes actives.»

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