Sciences

À quel âge a-t-on le plus de matière grise?

Temps de lecture : 2 min

La plus grande base de données d'images cérébrales jamais créée apporte de nouvelles connaissances sur le développement de notre cerveau.

Cette étude révolutionaire manquerait néamoins de diversité. | Robina Weermeijer via Unsplash
Cette étude révolutionaire manquerait néamoins de diversité. | Robina Weermeijer via Unsplash

On le sait depuis longtemps, notre cerveau fait partie des plus complexes organes du corps humain. S'il peut être dans certains cas notre meilleur ami face aux épreuves de la vie, il semblerait aussi être à l'origine de bon nombre de nos maux. Bien que le cerveau nous fascine, «il est choquant de voir le peu d'informations biologiques dont disposent les médecins sur cet organe essentiel», s'étonne Jakob Seidlitz, neuroscientifique à l'Université de Pennsylvanie, auprès de la revue Nature.

Mais ceci pourrait bientôt changer grâce à une récente étude à laquelle ont participé des centaines de spécialistes. L'équipe de recherche est parvenue à regrouper très précisément «123.894 IRM [imagerie par résonance magnétique] appartenant à 101.457 personnes, des fœtus âgés de 16 semaines à des adultes de 100 ans». Il s'agit de la plus grande collection d'IRM cérébrales, assemblée à l'aide de scientifiques et médecins du monde entier qui lui ont envoyé les examens de leur patients.

«Cet immense ensemble de données est extrêmement impressionnant, il établit de nouveaux standards dans ce domaine», commente Angela Laird, neuroscientifique à l'Université internationale de Floride. Outre l'importance de cette base de données, les chercheurs s'en sont surtout servi «pour créer les premières courbes de croissance complètes concernant le développement du cerveau».

Si l'on savait déjà que le cerveau grandit puis rétrécit au fil du temps, cette étude vient apporter davantage de détails quant au rythme précis de développement de l'organe. On apprend par exemple que le volume de matière grise atteint son plus haut niveau assez tôt dans une vie, vers la fin de l'enfance, ou encore que le volume de substance blanche culmine à 30 ans.

Mais ce qui a le plus surpris Richard Bethlehem, neuroscientifique à l'Université de Cambridge et coauteur de l'étude, ce sont les données concernant le «volume ventriculaire» [la quantité de liquide cérébrospinal dans le cerveau]. Selon Nature, «les scientifiques savaient que sa densité augmente avec l'âge, car il est généralement associé à une atrophie cérébrale, mais Bethlehem a été choqué par la rapidité avec laquelle il a tendance à s'étendre».

Un manque de diversité

Même si l'on retrouve au sein de cette étude des images cérébrales appartenant à «des personnes neurotypiques [...] ainsi qu'à des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer [...] ou encore de troubles du spectre autistique», les chercheurs observent un manque de diversité dans leur recherche, «un problème endémique aux études de neuroimagerie».

Ceci s'explique notamment par la provenance des documents utilisés, principalement importés d'Amérique du Nord et d'Europe. Reflétant donc «de manière disproportionnée les populations blanches», ils limitent les possibilités de généralisation des résultats.

L'une des raisons principales, d'après Nature: le manque d'accès aux machines d'imagerie à résonance magnétique pour des milliards de personnes à travers le monde. Pour remédier à cette absence, les auteurs de l'étude ont décidé de lancer un site internet leur permettant d'étoffer leurs recherches au rythme de l'amélioration de leur base de données.

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