Santé / Sciences

Les traumatismes de l'enfance pourraient augmenter les risques de sclérose en plaques

Temps de lecture : 2 min

Cette maladie atteint le système nerveux central et peut mener à un handicap irréversible.

L'étude montre que les femmes exposées à des agressions sexuelles et des violences émotionnelles avant l'âge de 18 ans ont un risque accru de développer une sclérose en plaques. | Annie Spratt via Unsplash
L'étude montre que les femmes exposées à des agressions sexuelles et des violences émotionnelles avant l'âge de 18 ans ont un risque accru de développer une sclérose en plaques. | Annie Spratt via Unsplash

Les conséquences de traumatismes vécus pendant l'enfance ne sont pas uniquement psychologiques, elles peuvent parfois avoir une incidence sur la santé physique des victimes. Pour ScienceAlert, Clare Watson s'est intéressée à leurs liens potentiels avec la sclérose en plaques.

Une étude portant sur plus de 78.000 femmes norvégiennes a montré que l'exposition précoce à des maltraitances physiques, sexuelles ou émotionnelles pouvait contribuer à augmenter les risques de sclérose en plaques.

Karine Eid Haukeland, directrice de la recherche, explique que «les abus et les négligences dans un foyer dysfonctionnel sont des sources extrêmes de stress». Or on sait que le stress peut exacerber les manifestations de cette maladie auto-immune, difficile à diagnostiquer. En 2009, une étude américaine historique montrait que plus des personnes avaient été exposées à des traumatismes infantiles, plus elles étaient susceptibles d'être diagnostiquées porteuses d'une des vingt-et-une maladies auto-immunes.

L'étude norvégienne montre à son tour que les femmes exposées à des agressions sexuelles et des violences émotionnelles avant l'âge de 18 ans ont un risque accru de développer la sclérose en plaques plus tard. Sur les 300 femmes malades ayant pris part à la recherche scientifique, près d'une sur quatre a déclaré avoir été maltraitée dans l'enfance. Le lien est d'autant plus prononcé lorsqu'il s'agit de violences sexuelles (risque accru de 65%), et en cas de multiples traumatismes différents (risque accru de 66 à 93%).

Quel lien de cause à effet?

La subtilité que révèle l'étude, c'est que les traumatismes pourraient accroître le risque chez des personnes qui, déjà, pour des raisons génétiques ou liées au mode de vie, sont plus exposées à la maladie. Ainsi, la réponse du corps à un stress élevé fragiliserait de manière chronique le système immunitaire. D'autant que des liens entre d'autres types d'inflammations comme les maladies cardiaques ou le diabète et les traumatismes infantiles ont déjà été établis.

Cependant, il est important de rappeler que les causes possibles de cette maladie sont très diverses et qu'il est encore difficile de connaître le poids d'un tel facteur. Les autres possibilités, comme le manque d'exposition au soleil ou l'obésité, sont aussi liées à l'enfance, ce qui explique que les recherches se tournent vers cette période de la vie. L'étude reste une observation qui établit une analogie entre l'enfance traumatisante et la maladie, sans expliciter ni démontrer de lien de cause à effet.

Les cas de maltraitances peuvent avoir étés sous-déclarés puisque certaines patientes n'ont pas répondu à cette partie du questionnaire. D'autre part, les femmes ayant vécu des traumatismes étaient plus souvent en surpoids ou fumeuses, deux autres facteurs de risques pour cette maladie.

Enfin, une autre donnée à prendre en compte afin d'affiner la recherche serait la durée des traumatismes et leur intensité: «L'exposition à la maltraitance de manière ponctuelle pourrait avoir un impact différent d'une exposition répétitive.» Ce type d'étude sert néanmoins de piqûre de rappel, pour ne pas oublier que la maltraitance et les traumatismes infantiles ont un impact sur l'espérance de vie.

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