Sciences

Pauvreté et mauvaise hygiène de vie, le cocktail de la mort pour le Covid-19

Temps de lecture : 2 min

Sans grande surprise, une vaste étude britannique indique un cumul des facteurs de risque.

Un patient atteint du Covid-19 placé sous assistance respiratoire, à l'hôpital André Grégoire de Montreuil, le 14 décembre 2021. | Julien de Rosa / AFP
Un patient atteint du Covid-19 placé sous assistance respiratoire, à l'hôpital André Grégoire de Montreuil, le 14 décembre 2021. | Julien de Rosa / AFP

Depuis plus de deux ans que dure la pandémie de Covid-19, les données quantitatives commencent sérieusement à tomber pour identifier les facteurs de risque des formes les plus graves de la maladie. Ainsi, une vaste étude menée sur 343.850 Britanniques permet de conclure que l'influence combinée du mode de vie et des facteurs socio-économiques multiplie le risque de maladie grave ou de décès. En d'autres termes, et sans grande surprise, pour les pauvres en mauvaise santé, c'est la double peine.

Publiée le 30 mars dans la revue BMC Infectious Diseases, cette étude, menée par des chercheurs de l'Université de Glasgow dirigés par Kate O'Donnell, spécialiste en soins primaires de santé, porte sur des individus âgés en moyenne de plus de 60 ans. Leurs données personnelles sont issues de l'UK Biobank, une énorme base biomédicale comprenant des informations sur la génétique, le mode de vie et la santé d'un demi-million de Britanniques suivis depuis 2006 –ils avaient entre 40 et 69 au lancement du projet de recherche.

Un enjeu de santé publique

Sur les 343.850 participants sélectionnés par O'Donnell et ses collègues, 707 (0,21%) sont morts du Covid-19 et 2.506 (0,76%) ont eu à souffrir d'un Covid-19 sévère. Pour mesurer leur statut socio-économique, les chercheurs ont pris en compte la situation économique de leur quartier, le revenu annuel de leur foyer et leur niveau d'études.

Concernant l'hygiène de vie, les scientifiques se sont focalisés sur un score de risque composé de neuf facteurs: tabagisme, consommation d'alcool, activité physique, temps passé devant la télévision, durée du sommeil, consommation de fruits et légumes, de poisson gras, de viande rouge et transformée.

Il en ressort qu'une proportion plus élevée de participants ayant obtenu les plus mauvais scores en termes d'hygiène de vie ont souffert de formes graves du Covid-19 ou en sont morts. Idem, en proportion, pour les participants issus de groupes plus défavorisés (vivant dans les quartiers les plus démunis, les moins instruits ou ayant les plus faibles revenus). Et les deux groupes de facteurs (situation socio-économique + hygiène de vie) se cumulent pour générer le risque le plus élevé... chez les individus cumulant toutes ces difficultés.

Selon les chercheurs, leur étude indique que les plus grands bénéfices de politiques publiques visant à améliorer l'hygiène de vie des citoyens, et donc la santé publique, ont toutes les chances d'être observés chez les populations les plus défavorisées économiquement.

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