Monde

Des corps calcinés et des traces de crimes de guerre sur une route proche de Kiev

Temps de lecture : 2 min

Les troupes russes ont quitté la capitale ukrainienne mais laissé des preuves derrière elles.

Un Ukrainien volontaire patrouille au check-point de Stoyanka, le 27 mars 2022. | Fadel Senna / AFP
Un Ukrainien volontaire patrouille au check-point de Stoyanka, le 27 mars 2022. | Fadel Senna / AFP

Début mars, sur l'autoroute menant à Kiev, les images glaçantes de soldats russes abattant un homme non armé avaient fait le tour du monde. Jeremy Bowen et son équipe de la BBC ont décidé de se rendre sur place pour évaluer les traces laissées par cette courte occupation.

Sur un tronçon de route de 200 mètres, entre les villages de Mriia et de Myla, on ne compte pas moins de treize corps abandonnés. Deux d'entres eux ont été identifiés comme étant des civils ukrainiens tués par l'armée russe. Les autres n'ont pas encore été identifiés, et seulement deux portent l'uniforme militaire ukrainien. Nous sommes sur l'autoroute E-40, proche de Kiev, qui a été reprise aux mains des Russes il y a peu.

On trouve, partout, des marques de combats et de bombardements. Les deux chaussées abritent désormais des cratères. Selon des troupes ukrainiennes encore sur place, les combats ont duré plusieurs jours et les troupes russes sont désormais à environ 4 kilomètres de la zone, laissant derrière elles un nombre important de corps non identifiés.

Des preuves accablantes

Certaines dépouilles peuvent néanmoins être reliées à des crimes de guerre allégués. C'est le cas d'un couple tué le 7 mars par les troupes russes. La voiture qui contient leurs restes est calcinée et gît près d'une station essence, elle aussi bombardée depuis. Le corps de la femme est à peine reconnaissable, la bouche ouverte dans ce qui ressemble à un cri.

La mort du couple a été filmée par un drone de la Défense territoriale et relayée par de nombreux organes de presse. Il s'agit d'un meurtre de sang-froid, comme en témoigne la vidéo dans laquelle on voit l'homme lever les mains en signe de reddition. Il s'agissait de Ksjena Lowensko et de son mari Maksim. Ils n'étaient pas seuls dans cette voiture, mais accompagnés de leur fils de 4 ans et d'une amie de la famille. Les deux autres passagers ont survécu et ont été libérés plus tard par les soldats. Selon ces témoins, Maksim criait qu'il y avait un enfant dans la voiture quand il a été abattu.

Ce qui est troublant sur de nombreuses scènes de cette autoroute, c'est que certains corps semblent avoir été incendiés à posteriori, comme pour faire disparaître des preuves. Plus loin, d'autres voitures ont été incendiées, et certains corps recouverts de pneus. Des vêtements brûlés pourraient indiquer qu'il y a eu des tentatives pour les faire disparaître par le feu.

Plus loin dans la forêt, des restes d'un camp russe laissent imaginer des soldats peu disciplinés ou partis dans l'empressement: des détritus et des bouteilles d'alcool vides gisent tout autour d'une table et de quelques chaises.

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