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Le Pentagone doute sérieusement du retrait russe de Kiev

Temps de lecture : 2 min

Au quartier général du ministère de la Défense américain, on évoque plutôt un «repositionnement».

John Kirby, porte-parole du Pentagone, donne une conférence de presse le 29 mars 2022. | Alex Wong / AFP
John Kirby, porte-parole du Pentagone, donne une conférence de presse le 29 mars 2022. | Alex Wong / AFP

Les pourparlers en Turquie entre la Russie et l'Ukraine se sont achevés mardi 29 mars sur une note encourageante: Moscou a promis de réduire «radicalement» son activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv, ville située à 120 km au nord-est de la capitale. Mais si le Pentagone confirme qu'un «petit nombre» de troupes russes se repositionnent au nord de Kiev, l'institution refuse de caractériser ce mouvement de «retrait», explique ABC News.

Le département de la Défense américain se dit convaincu que les troupes qui quittent les alentours de Kiev pourraient être utilisées ailleurs en Ukraine, dans le Donbass notamment. Lors des pourparlers, le ministère de la Défense russe a présenté le retrait des troupes de Kiev et de Tchernihiv comme un acte de «bonne foi», mais impossible de ne pas relever que cette décision coïncide avec une série d'échecs militaires dans les deux villes.

John Kirby, le porte-parole du Pentagone, détaille les choses ainsi: «Nous ne sommes pas prêts à appeler cela un retrait. Ce qu'ils ont probablement en tête, c'est un repositionnement qui leur permettra de se concentrer sur des priorités se trouvant ailleurs.»

Il insiste également sur la faiblesse en nombre de ces supposés retraits, qu'il ne considère pas comme significatifs, affirmant que c'est «loin d'être la majorité de ce qu'ils [les Russes] ont déployé dans la capitale».

Priorité au Donbass

John Kirby avance un autre argument: les Russes ont déclaré ces derniers jours faire du Donbass une région prioritaire. «On devrait tous se préparer à voir une grande offensive ailleurs en Ukraine. Et ça ne veut pas dire que la menace sur Kiev est derrière nous.» Ce militaire à la retraite qui s'exprime au nom du Pentagone explique que ces mêmes bataillons qui quittent Kiev vont être repositionnés ailleurs. «Des civils continuent de mourir sous les bombes et les missiles continuent de voler», rappelle-t-il.

Mardi, le général Tod Wolters, plus haut commandant américain en Europe, s'est exprimé devant le Comité des forces armées du Sénat des États-Unis. Il a affirmé que l'invasion russe était un évènement clé sur le Vieux continent, qui avait grandement contribué au renfort de l'OTAN dernièrement. Les troupes américaines en Europe sont passées de 60.000 hommes à 100.000, ce qui est encore insuffisant selon lui. «J'ai l'intuition que nous en aurons besoin davantage.» Il a également vanté les prouesses réalisées par l'armée ukrainienne grâce aux armes américaines.

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